00:07
Europe 1 La Libre Antenne
00:14
Valérie Darmand. Bonjour et bienvenue dans la libre antenne de ce week-end. Rendez-vous avec les moments les plus forts de cette semaine, si vous le souhaitez. Et puis vous pouvez toujours composer le 01 80 20 39 21. C'est le numéro de notre standard. Il est non surtaxé, vous le savez. Et nous envoyer tout de même, jusqu'à une heure du matin, vos SMS au 7 39 21 75 centimes plus coup du SMS. Profitez bien de votre émission, chers amis. Europe 1, la libre antenne.
00:44
Valérie Darmont. Bonsoir, Christine. Bonsoir, Valérie. Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1.
00:54
Je vous écoute quasiment tous les soirs. Je ne dors pas.
00:57
Ah, ben écoutez, tant mieux. Nous, on est plutôt ravis. Vous, vous êtes insomniaque depuis longtemps, Christine ?
01:03
Ben oui, depuis ma tendre enfance, comme j'ai eu une mauvaise enfance, une mauvaise adolescence, Et aussi une mauvaise vie de femme, pas de chance.
01:18
Ah, souvent c'est un peu lié. Et donc vous avez perdu le sommeil très très tôt, voire vous ne l'avez jamais trouvé peut-être. Il y avait un climat de violence intrafamiliale ?
01:25
Oui, oui, oui, beaucoup.
01:26
Oui, donc vous étiez en hypervigilance tout le temps.
01:30
Et la solitude aussi maintenant qui me rejoint parce que je suis non-voyante. Oui. Je vis toute seule, j'essaye de me débrouiller comme je peux.
01:39
Mais ce n'est pas évident, car ici, il n'y a pas d'association pour les... Moi, je suis déficiente visuelle.
01:46
Oui.
01:46
Et s'il n'y a pas d'association pour nous aider, pour nous faire sortir...
01:50
C'est oui, ici. C'est oui, ici. À la Réunion. Vous êtes de la Réunion aussi, mais c'est une antenne très réunionnaise ce soir. Moi, je vous Non, non, mais parce que Florence va partir à l'île de la Réunion, notre première auditrice de ce soir. Il y a eu Marie qui a téléphoné, qui est réunionnaise et qui va une fois par an, qui retourne sur son île, au tampon. Moi, j'ai vécu aussi à l'île de la Réunion. Et vous nous appelez de la Réunion. Bah écoutez, c'est la Réunion qui est à l'honneur.
02:20
Je vous écoute souvent, moi, je vous écoute souvent. J'ai écouté pas mal d'animateurs qui animaient ici sur une radio. et qui s'appelle Freedom.
02:31
Oui, c'est celle sur laquelle j'opère il y a très longtemps.
02:35
Oui, oui, vous travaillez il y a pas mal d'années. Et puis il y a pas mal d'animateurs qui sont retournés chez vous, tels que le journaliste Charles Lillier.
02:44
Oui.
02:46
Voilà, et Charles Lillier, il va être son anniversaire bientôt. Je ne l'oublie pas.
02:51
Il y a Julia Martin aussi qui est passée par Europe 1 pendant très très longtemps et qui maintenant est sur France Télévisions aussi. Ah, elle est partie sur France Télévisions.
03:02
Oui, tout à fait. Elle est animée aussi sur Freedom et sur Europe 1. Oui, exactement. J'aime bien vous écouter. J'écoute aussi Roland Perez.
03:14
Oui, bien sûr.
03:14
Mais vous, quand ça arrive le week-end, j'aime bien vous écouter.
03:19
Eh bien écoutez, un grand merci Christine, vraiment un grand merci. Donc ce soir, l'objet de votre appel, c'est la solitude, si j'ai bien compris. La solitude. Et le fait que vous soyez encore plus esselée, parce qu'à l'Île-de-la-Réunion, il n'y a pas d'association pour les personnes malvoyantes ?
03:34
Non, il y a pour les personnes âgées, les dîners dansants, le week-end, ils vont danser, ils vont tout. Mais pour les personnes handicapées, il n'y a presque rien.
03:45
Et vous avez quel âge Christine ?
03:48
Moi, j'ai 58 ans cette année. Je vais vous dire, j'en ai marre de la solitude, de la souffrance.
03:53
Et pourquoi ? Je lance une bouteille à la mer, parce que vous savez comment fonctionne la Libre Antenne. C'est dans les deux sens. Les auditeurs nous appellent au secours. Moi, parfois, je sollicite les auditeurs. Et là, je me disais, mais pourquoi vous ne lanceriez pas cette idée d'association, vous, Christine ? Puisqu'il n'y en a pas.
04:09
Il n'y en a pas. Il y avait le GIHP, par avant. Mais le GIHP, maintenant...
04:17
Le président du département, il ne s'en occupe pas, il ne fait rien. On n'a plus et on ne peut plus sortir. Vous savez, les voisins de maintenant, les gens de maintenant, c'est particulier.
04:33
Mais c'est plus individualiste.
04:35
Non, ce n'est pas à l'époque que j'ai vécu, moi, où on allait rendre service aux voisins, où on allait voir quand c'était une personne âgée, une personne malade.
04:45
nos parents nous envoyaient voir. Mais maintenant, c'est fini tout ça. Moi, je dors, je réveille. Du 1er janvier au 31 décembre, je suis chez moi. Et ça me prend le moral, quoi.
04:57
Oui, c'est logique, c'est logique. Vous avez toujours été malvoyante, Christine ? Oui, je suis malvoyante de naissance. De naissance, de naissance.
05:04
Oui, et je n'ai pas pu faire des études de braille, chose que j'aurais aimée, à cause des parents que j'ai eus...
05:13
Les problèmes familiaux et voilà.
05:15
Alors puisque vous êtes une auditrice de la libre antenne régulière et fidèle, vous avez sans doute entendu cette émission un week-end où on a eu plusieurs personnes qui ont échangé et notamment sur les lunettes Ray-Ban qui sont extrêmement utiles pour les malvoyants. Oui mais je trouve que ça fait plutôt homme.
05:38
Oui mais là en l'occurrence c'est parce que surtout c'est très pratique, parce que je me souviens il y a même une quinzaine de jours, il y a un auditeur qui a rappelé pour dire combien il avait trouvé l'idée dans la libre antenne, puisque c'est un autre auditeur qui en avait parlé, il s'est procuré les lunettes et ça lui change la vie, littéralement.
05:59
Je vais essayer peut-être.
06:01
Ah oui, puisqu'il disait qu'il lisait son courrier avec les lunettes, il peut cuisiner avec les lunettes. Il paraît que c'est révolutionnaire, hein, Christine ?
06:10
Mais moi, je verrais ça parce que, je veux dire, c'est pas évident parce que, comme moi, je suis une envoyante de naissance, j'ai pas perdu la vue. Il y a beaucoup de personnes dans ma famille, ils ont perdu la vue à cause du diabète. Beaucoup d'amis, là aussi. Mais j'ai des amis, des personnes que je connais... qui ne voit pas comme moi. D'ailleurs, j'ai mari, Irène-Claude, qui est à l'écoute en ce moment. J'avais dit que j'allais appeler parce qu'elle ne dort pas comme moi. Elle est non-voyante de naissance comme moi.
06:40
Et on est très accrochés à cette émission du soir parce qu'ici, on n'a pas de radio qui fait ce genre d'émission.
06:51
Oui. Il n'y a pas de radio qui fait cette émission pour repenser aux gens qui sont seuls, aux handicapés. Tout ça, il n'y en a pas.
06:58
Nous, on est en plus, c'est l'émission la plus vieille du paysage audiovisuel français, qui donne comme ça la parole aux auditeurs, la nuit, dans une ambiance un peu feutrée, bienveillante. L'émission a 50 ans, la Libre Antenne d'Europe 1 a 50 ans, ce n'est pas rien. Donc vous avez des amis, Christine, tout de même ?
07:21
Non, je connais des gens comme ça par téléphone. on se téléphone, mais même pour aller voir, pour aller se rendre visite, pour aller les voir, pour trouver un transport, alors là... Vous êtes où à l'île de la Réunion ?
07:38
Je suis au tampon. Ah, vous êtes au tampon aussi ? Ah oui, oui, d'accord, d'accord. Ah oui, en plus vous êtes isolée, parce que là-haut, là, il n'y a pas beaucoup de passages au tampon.
07:47
Non, non, pourtant c'est une grande ville.
07:49
Oui, oui.
07:50
C'est une grande ville de la Réunion de 80 000 habitants.
07:53
Oui.
07:54
Il n'y a rien, il n'y a rien.
07:59
Moi, je serais vous. Je ne sais pas si vous avez assez l'agnac, assez l'énergie. C'est pas mal de rassembler autour de cette problématique sur une île comme l'île de la Réunion et peut-être créer une association, justement, pour venir en aide. Parce que c'est vrai qu'en France, sur le territoire français, il y en a pas mal. Ici, il n'y a rien pour nous.
08:19
Pour créer une association, ils vous commencent à demander de l'argent. Et moi, j'ai que la AH pour vivre et la CPT pour payer quelqu'un pour m'aider.
08:28
Et je vous dis, ici les choses sont chères. Chères, chères, chères.
08:33
Vous n'avez pas eu d'enfants, Christine ?
08:36
J'ai eu deux enfants, malheureusement. Je n'ai pas eu de la chance. Le père de mes enfants était un pervers sexuel.
08:42
Oui.
08:43
Un pervers sexuel. Quand je me suis aperçue, j'étais enceinte de ma première fille. Et j'ai dit, mon Dieu, dans quoi je me suis mise ? J'étais rejetée de ma famille. Je n'avais personne pour m'aider.
08:59
Et après, on s'est repris et déjà ma première fille a été placée en famille d'accueil. Je suis retombée enceinte et je suis con d'avonnement parce qu'il y a des mamans qui essayent toute leur vie d'avoir un enfant, ils n'arrivent pas. Et j'ai gardé et il m'a promis de ne plus faire la même chose. Et il a refait malheureusement tout ce qu'il m'a promis de ne pas faire. Et mes enfants, j'ai fait des mains et des pieds, monté, descendu au tribunal pendant 15-18 ans pour elle.
09:33
Et monsieur le pervers, lui, il voit les enfants, il a contact et tout. C'est là, je ne comprends pas l'ASE. Et moi, je n'ai pas eu mes enfants, je n'ai pas vu mes enfants, mais maintenant, elles ne me connaissent pas. Quand on m'a appris, à chaque fois, elles avaient un an.
09:50
Oh là là, elles étaient toutes petites.
09:52
Ah oui, madame, Valérie, oui.
09:55
Mais attendez, lui, il les voit ?
09:58
Il les voit, oui. Et les enfants ne savent pas tout ce qu'il a fait. Et elle, je n'ai pas de contact avec elle. Elle ne veut pas. J'ai ma première fille qui est non-voyante comme moi. Elle aura 30 ans cette année. Et elle m'ignore complètement. Et ma deuxième, je crois qu'elle est en métropole. Elle est mariée avec un gendarme. Elle est en métropole. J'ai un petit-fils de deux ans que je n'ai jamais vu. Je peux vous dire, ma vie, c'est vraiment en souffrance.
10:31
Vous avez tenté de les contacter, vous, de votre côté ?
10:36
Contacter comment ? Je n'ai pas leur numéro de téléphone. Je n'ai rien. Je ne sais rien. La date de naissance de mon petit-fils, je ne sais même pas. Alors que j'ai tout fait.
10:47
Et en passant par la ZEU, elle ne pourrait pas vous donner des contacts ?
10:51
Non, les œils m'ont détruit, madame Valérie. Les œils m'ont détruit et j'étais tout pour le côté pervers narcissique de leur père. Et moi, j'ai souffert, j'ai souffert, j'ai souffert. mais je ne sais pas.
11:12
Il n'y a aucun moyen, vous êtes la mère de ces deux filles, il n'y a aucun moyen de savoir où elles vivent, avoir un numéro de téléphone ?
11:21
Non, non, non. Je sais que la première, elle vit sur Saint-Denis-la-Réunion, elle travaille au ZAT, et elle a pu faire des études de braille, chose que moi je n'ai pas pu faire. Et la deuxième, elle voit, normalement, Et puis elle m'ignore complètement. Même si elle me passe à côté, elle ne me dit pas bonjour et moi je ne les vois pas.
11:46
Et vous n'avez aucun contact avec votre ancienne belle-famille non plus ?
11:51
Mon ancienne belle-famille, la plupart, est partie vers l'au-delà. Et je n'avais pas d'aide de ma famille non plus.
11:58
alors là c'est pas évident vous êtes totalement isolée totalement isolée on a Laurence au 7 39 21 75 centimes plus coût du sms qui vous écrit en disant le témoignage de Christine me touche beaucoup pourquoi ne vivrait-elle pas en colocation avec son amie elle aussi non voyante pour combler sa solitude ben ça je sais pas je sais pas ici c'est pas évident de faire cela les gens n'en savent pas trop
12:26
Mais je veux dire, ce n'est pas facile, quoi. Ce n'est pas facile, parce que moi, j'ai eu vraiment une grosse souffrance dans ma vie. Pour autant, je n'ai pas tombé dans la cigarette, dans l'alcool et tout ça.
12:41
Celle de la privation de vos enfants ou les violences d'avant avec vos parents ?
12:47
La privation de mes enfants. Parce que moi-même, j'étais un enfant mal aimé.
12:56
Je suis un enfant battu et maltraité. J'ai beaucoup souffert dans ma vie. J'ai resté séparée de mes enfants, de mes parents. J'ai parti de 1994. J'ai été les revoir. Mais malheureusement, moi, j'ai été les revoir plusieurs fois. Mais leur mentalité, c'est de méchanceté, quoi. Et l'année dernière, j'ai perdu ma maman...
13:25
à l'âge de 90 ans j'ai été la voir quand même avant quand j'ai appris qu'elle était très malade j'ai été voir deux ou trois fois quand elle est partie j'ai été l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure parce qu'on a quand même une maman je suis maman moi aussi mais moi franchement j'ai pas eu vraiment l'amour de mes parents pas l'amour de j'ai un unique frère pas non plus de mes deux soeurs non plus
13:50
Il y a des grands-parents qui ont été un petit peu protecteurs ou pas du tout ?
13:54
Non, on n'a pas connu nos grands-parents.
13:58
On a Georges au 7 39 21 75 centimes plus coup du SMS qui dit j'ai habité 20 ans à La Réunion et 3 ans au tampon. En 2020, il y avait des associations pour le loisir des personnes en situation de handicap. Oui, à l'époque, il y avait le GIHP, mais maintenant, ils ne font plus.
14:11
Ils n'emmènent que les enfants handicapés à l'école.
14:21
Oui, parce que là, moi, ce que j'entends beaucoup, Christine, c'est vraiment cet isolement dont vous êtes victime. Il n'y a pas de famille. Il n'y a plus vos enfants, puisque vous ne pouvez même plus les contacter. Vous avez juste les aides qui viennent un peu au quotidien. Et votre amie qui est non-voyante également.
14:45
Mon amie qui est non-voyante, on ne se cache rien. On est souvent au téléphone.
14:51
Et vous arrivez à vous voir dans le sens partagé du temps ensemble ?
14:56
Non, non.
14:58
Même pas ? Donc vous ne sortez pas de la maison en fait ?
15:00
Ben non, moi du 1er janvier au 31 décembre, du 31 décembre au 1er janvier, je suis là chez moi à... Je ne sais plus quoi réfléchir, quoi dire. J'ai dit, mon Dieu, comme dirait la chanson, mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? Ce n'est pas possible, c'est...
15:19
Qu'est-ce que vous voudriez idéalement, Christine ?
15:22
Je voudrais rencontrer des gens, des amis pour parler, pour échanger, des gens, des personnes handicapées comme moi ou autres, des gens très compréhensives, voilà. Ça, j'aurais bien aimé.
15:39
On va passer l'annonce sur l'antenne d'Europe 1. Si des personnes nous écoutent à l'île de la Réunion, plutôt du côté de Saint-Pierre, du tampon, comme ce soir c'est une antenne très réunionnaise, donc profitons-en. Si des personnes ont envie de rentrer en contact avec Christine, qui est bloquée chez elle... N'hésitez pas à nous laisser vos coordonnées. Peut-être que Marie, justement, qui a appelé tout à l'heure pour rencontrer Florence, qui part à la réunion régulièrement et qui nous écoute ce soir, parce que je suis sûre qu'elle est toujours à l'antenne, puisqu'elle dort peu aussi, d'ailleurs.
16:12
Peut-être que Marie pourra vous rencontrer si elle va du côté du tampon, puisque c'est là aussi où elle réside.
16:19
on pourrait peut-être si elle nous l'autorise au 73921 donner son contact vous donner son contact Christine et puis peut-être que Florence peut faire un détour aussi pendant ses vacances à l'île de la Réunion et encore une fois nous on sera ravis la Libre Antenne d'Europe 1 d'être un vecteur de rencontres oui c'est pas facile la solitude ça vous fait prendre du poids que vous mangez ou pas C'est les kilos émotionnels, oui.
16:50
Ah oui, c'est pas évident. Non, c'est pas évident du tout. Puis là, vous êtes vraiment, vraiment isolé. Vous sortez pas. Des activités, c'est compliqué de les faire. Vous avez un médecin traitant, quand même, que vous voyez de temps en temps ?
17:07
Oui. Oui. Parce qu'à cause de tout ça, ça m'a déclenché des traitements suivis... Très important. Voilà.
17:20
Et vous avez d'autres problèmes de santé, vous voulez dire, Christine ?
17:22
J'ai plein de problèmes de santé, mais tout ça dégage de tout ce que j'ai eu dans ma vie.
17:29
Et la thérapie, vous ne pouvez pas en faire une ? Je n'ai jamais fait.
17:32
Je voudrais bien.
17:35
Parce que ça, vous pouvez par téléphone aussi. Vous n'êtes pas obligée d'être en présentiel pour une thérapie. On peut le faire par téléphone sans problème.
17:45
Oui.
17:46
Ça, ce serait peut-être pas mal de demander, par exemple, aux aides à domicile qui passent vous voir, si elles connaissent du monde, ou votre amie qui est non-voyante, elle connaît peut-être aussi quelqu'un à vous conseiller, ou votre médecin traitant qui connaît peut-être quelqu'un. Parce que rien que de parler à quelqu'un une fois par semaine, régulièrement, ça fait vraiment du bien.
18:05
Ça fait du bien, oui. Là, j'ai que un chat et un chien. J'ai adopté un chien à la fourrière. J'ai perdu mon autre chien et j'ai un chat qui est là, qui me comprend. C'est comme si elles savent que je ne vois pas.
18:23
Et vous le sortez quand même le chien alors ?
18:24
Je le sens mais pas loin. Pas loin, pas loin, pas loin du tout.
18:32
Demandez à votre médecin traitant pour un thérapeute tout de même, Christine, et nous si on a des coordonnées à vous donner, bien sûr qu'on va vous les donner et puis on va vous donner le contact de Marie également.
18:43
Et puis n'hésitez pas à nous rappeler, bien sûr, aussi.
18:46
Ah non, moi, je vous écoute tous les soirs. Que ce soit Roland Pérez, que ce soit vous. J'écoute, mais je ne dors pas.
18:54
En tout cas, un grand merci de votre fidélité. Prenez bien soin de vous. Et puis, je vous dis à bientôt. Cette antenne est la vôtre. N'hésitez pas.
19:03
A bientôt, Valérie.
19:04
Merci. Au revoir. Merci, au revoir.
19:25
C'est parti !
20:15
C'est parti.
22:07
Bonsoir France.
22:25
Bonsoir. Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1.
22:32
Avec grand plaisir.
22:33
Nous parlons d'amour aussi avec vous.
22:37
Oui, moi, c'est un peu différent.
22:39
On va dire qu'en fait, pour faire simple, en 2002, j'ai eu un accident et je suis devenu paraphésique.
22:48
Oui.
22:49
Et ça a été toute une reconstruction, trois ans de rééducation. Mais il y a quelque chose qu'on ne sait pas trop. Par exemple, vous savez, quand la moelle épinière, la myéline, si elle est touchée, au bout de trois semaines, qu'on ne sait pas pourquoi, le sperme se dégrade. Donc, chez un paraplégique, c'est un paraplégique, où il y a la myéline qui a été touchée, le sperme se dégrade. Donc, déjà, on ne nous informe pas.
23:19
C'est trois mois après, quatre mois après, que j'ai vu un sexologue qui m'a dit...
23:25
Vous pourrez faire des paillettes congelées le sperme. D'accord. Imaginez-vous un jour où vous vous réveillez et vous ne sentez plus vos jambes, vous ne sentez plus votre ventre, vous ne sentez plus tout ça et vous vous dites « mais je suis quoi ? » Qu'est-ce que je suis ?
23:47
L'accident que vous avez eu, c'est un accident de voiture ?
23:50
En fait, je rentrais du travail, il faisait chaud, ça je m'en souviens trop bien. J'allumais ma cigarette et j'étais sur le balcon, j'étais sur le rebord du balcon et j'ai fait une crise d'épilepsie. Je suis tombé du troisième étage.
24:05
Vous étiez déjà épileptique avant ?
24:07
Oui.
24:08
D'accord, d'accord.
24:11
Donc, ça a été, en fait, le mauvais endroit. Vous avez pu faire la crise d'épilepsie.
24:15
Au mauvais moment, au mauvais endroit. Voilà. Je m'en suis voulu.
24:23
Comment ça, vous en voulez ? Vous ne pouvez pas savoir quand est-ce que la crise d'épilepsie arrive.
24:29
On se dit toujours, quand j'ai eu ce moment où j'essuyais, j'aurais dû m'asseoir par terre et tout ça. Et voilà, mais bon, maintenant, c'est fait, c'est fait.
24:40
Vous aviez quel âge à ce moment-là, Franz ? Vous aviez quel âge ?
24:43
Il y avait 22 ans.
24:44
22 ans, d'accord. Et aujourd'hui ?
24:47
J'en ai 45.
24:48
D'accord.
24:50
D'accord. Donc, vous nous le dites. Là, on vous secoue. Vous devenez paraplégique. Et au moment où vous rentrez en centre de rééducation, à ce moment-là, les médecins n'abordent pas la question de la sexualité, de toute façon. Non, pas du tout. Ils sont sur d'autres priorités, peut-être. Parce que moi, à la base, j'avais du mal à bouger les mains.
25:08
J'étais intraplégique. Et par chance, j'ai retrouvé l'usage des mains. Donc, j'ai eu de la chance dans mon malheur.
25:20
Parce qu'il faut s'imaginer qu'au début, tout ce qui est brosse à dents, manger, tout ce qui est pipi-caca, quoi. Oui, bien sûr. Évacuation. Il faut savoir que chez un para ou un tetra, on doit sonder entre 5 à 7 fois par jour. Comme la vessie, on ne la sent plus, On doit infiltrer dans l'urètre une sonde qui va jusqu'à la vessie pour évacuer l'urine.
25:59
Mais le truc qu'il y a, c'est qu'on a... Moi, tout à l'heure, j'écoutais les deux personnes avant moi, et je me disais que j'ai un regard avec mon corps complètement différent des valides. Mon corps, pour moi, c'est tout et rien en même temps.
26:17
parce que je suis bien coté, je suis homme, parce que je fais 1m84, je suis barbu et tout ça, mais je suis aussi femme, parce que mes désirs et mes besoins, tout ce qui est sexuel et amoureux, sont différents. Par exemple, je me suis marié, j'ai été 7 ans marié, avec ma femme, on a pris la décision de ne pas faire piqûre. Pour l'érection.
26:49
Donc on a fait l'amour sans pénétration marginale. D'accord. La verge, je crois.
26:57
D'accord. Oui, mais en fait, par exemple, une personne diabétique, elle est très souvent, pas toute, attention, mais très souvent impuissante.
27:09
Par exemple, et on peut faire plein d'autres choses. Ça n'empêche pas, on peut avoir des plaisirs sexuels tout à fait autrement que par la pénétration.
27:17
Oui, mais vous savez, j'en ai parlé à Nicolas, le truc qu'il y a, moi, ce qui m'a le plus fait mal, c'est pas qu'on me voyait comme handicapé, parce que je suis handicapé, je suis une personne en situation de handicap le plus sérieux. Mais par contre, on me voit comme un...
27:38
un accessué. On me dit « Ah, mais toi, tu ne connais pas et tout. » Mais moi, j'ai aussi des besoins et des envies comme tout le monde. Ce n'est pas parce que je ne marche plus. Ce n'est pas parce que je n'ai pas besoin, pas d'envie. Et je voulais vraiment vous parler parce que plusieurs fois, il y avait des gens qui parlaient à la libre-antenne qui expliquaient qu'ils avaient un regard...
28:08
plutôt positivement sur la sexualité, mais moi je me rappelle un mot très dur quand je suis au centre de rééducation, ne vous considérez plus comme un homme. Il y a 20 ans, les sexologues disaient, ne vous considérez plus comme un homme parce que vous allez avoir une relation de femme.
28:32
Oui, mais enfin, c'est hyper dur, c'est violent même comme attitude.
28:35
Je vous jure que j'ai eu du mal à y dégérer, par contre.
28:40
Ah bah oui, je vous comprends. Moi, je trouve ça extrêmement violent comme terminologie. Surtout qu'encore une fois, il n'y a pas qu'une manière de faire l'amour. Il n'y a pas qu'une manière d'éprouver du plaisir. Il n'y a pas qu'une manière de donner du plaisir.
28:52
Oui, mais on le voit avec nos yeux de 2026. Oui. Mais les yeux de 2000...
29:00
Je vous rappelle quand même qu'à l'an 2000, les enfants, quand on leur remettait les nourrissons, quand on remettait les os en place, les coudes, les genoux et tout ça, on ne les dormait pas. On le faisait directement. Parce qu'en 2000, les enfants ne souffraient pas. Et c'est bien plus tard qu'on a mis en place des réseaux anti-douleurs, quoi.
29:29
Et puis il y a aussi autre chose, là on va en parler parce qu'il y a les erreurs 40 et que ça fait belle lurette que les enfants sont couchés, il y a aussi des jouets sexuels qui permettent aussi des choses de remplacement. Donc à partir de là, voilà.
29:43
Mais il y a ça, après ça dépend des personnes, ça dépend des deux personnes. Comme je vous l'ai expliqué, avec mon ex-femme, on avait pris le choix de s'amuser avec caresse, bisous et tout ça. Mais si vous voulez, par exemple, ceux qui ont vu le film d'intouchage, ils savent que les oreilles, c'est hypersensible.
30:16
Oui, il y a plein d'autres zones érogènes. Vous ne vous êtes pas séparé pour des questions sexuelles avec votre ex-femme ? Pas du tout.
30:24
Voilà.
30:24
Non, non, non, non. Non, non. C'est un peu comme la première personne qui parlait, qui disait qu'on s'est mis en couple. Mais après, on était mieux chez soi.
30:39
Ah oui, Chiara.
30:40
C'est un peu ça, oui.
30:43
Et aujourd'hui, vous êtes en couple, Franz ?
30:45
Non, aujourd'hui, c'est un peu compliqué. J'ai divorcé et là, je suis l'SDF, on va dire ça comme ça. Mais j'ai la chance d'être dans un centre de rééducation et après, dans deux mois, je vais repartir dans un centre psychiatrique pour dépression.
31:05
Ah, d'accord. D'accord. Et la dépression, elle est liée à votre situation quotidienne, en fait.
31:13
Oui, en fait, c'est assez compliqué parce que je ne suis pas là pour me faire tellement. Mais c'est vrai que la vie... J'ai entendu, beaucoup, beaucoup de fois, par exemple, cette phrase « Ne te plains pas, t'es assis toute la journée ».
31:34
Oh là là, mais ça aussi, c'est quand même... Ok, on peut... C'est la question, est-ce qu'on peut rire de tout ? Je sais pas, moi j'ai pas d'avis là-dessus.
31:41
Non, mais eux, ils rigolaient pas quand ils m'ont dit. Non, le truc, je crois que j'ai eu beaucoup de chance dans mon malheur parce que j'ai pu être actif dans mon plaisir et dans le plaisir que j'ai donné. Et...
32:03
Le handicap n'est pas du tout un frein, je ne pense pas, que sexuellement, l'handicapé est un frein. C'est différent. C'est pas pareil.
32:17
Mais encore une fois, c'est différent dans plein de cas, de toute façon. C'est pour ça que je vous parlais du diabète. C'est différent. Moi, je crois que quand il y a de l'amour, on s'arrange.
32:29
Je ne sais pas si je peux en parler, mais Les PC, il y a beaucoup de gens que je connais qui sont paraphésiques et qui n'ont pas de petite copine. Ça marche bien les adultes.
32:48
Oui, bien sûr.
32:52
Il n'y a peut-être pas besoin d'avoir l'amour. Moi, personnellement, pour avoir du plaisir, j'ai besoin d'avoir l'attachement. Après, il y en a qui n'en ont pas besoin.
33:01
Mais vous avez raison en tout cas de lever ce tabou dont on parle, et ces idées reçues aussi dont on parle, parce qu'on peut faire plein d'autres choses. La maladie parfois empêche, et ce n'est pas pour autant que la vie est terminée, la vie sexuelle est terminée. Vous savez, je vais vous donner un exemple.
33:17
Il y a une personne qui n'a pas eu de chance, qui devait lutter de rappelé vite, et il était marié, et sa femme est partie, et il est tombé sur un banc, c'est que sur l'œil, tu lui as dit, mais avec la plantaire de la main, vous pouvez faire l'amour à votre nouvelle femme, et avec sa femme, et lui, qui utilisait des objets et tout ça, mais pour lui, il faisait l'amour en se touchant à la main, et en s'embrassant, et il jouissait tous les deux comme ça, Donc il y a beaucoup de façons de prendre son pied.
34:00
Exactement, mais il y a le tantrisme aussi, par exemple, comme technique. Il y a d'autres techniques aussi, où on n'est pas obligé de se toucher. Il y a aussi les yeux, on utilise d'autres sens.
34:14
Oui, oui.
34:16
On utilise l'autre sens. Mais vous avez raison, ce soir, France, d'appeler le 01 80 20 39 21 pour lever cette idée reçue aussi. Mais vous, quand vous avez... Parce que j'imagine qu'après votre épouse, il y a eu d'autres femmes que vous avez rencontrées. Est-ce qu'à chaque fois, ce sujet vient sur le tapis ou pas ?
34:35
En fait, jusqu'à présent, je vais être franc avec vous, je n'ai rien fait de plus... Depuis que je suis divorcé. Parce qu'avec mon ex-femme, il y avait tellement une cohésion. On s'entendait tellement bien. Et pendant sept ans, elle a découvert mon corps. Elle a trouvé des parcelles. Et j'ai du mal à expliquer qu'il faut faire ça.
35:07
Ce que j'ai envie, c'est de trouver un logement. Mais après, si j'ai des relations stables, c'est pas dire...
35:15
je veux ça pour faire ça, mais j'aimerais découvrir. Découvrir comme elle me découvre. Parce que je me suis mis une telle pression en me disant, ouais, mais avec mon examen, ça s'est bien passé. Avec les autres, ils ne vont pas trouver. Et en fait, je me suis mis moi-même mes propres limites, mes propres œillères. Et là, je suis en train de les péter parce que je me dis que... Et c'est vrai que je me disais qu'est-ce que je pourrais dire pour que les gens n'aient pas de mauvais a priori quand on voit une personne voilà ce que je veux dire c'est une personne handicapée moteur ou psychique une personne qui ne peut pas se lever une personne qui bave et qui conduit son fauteuil avec le menton Ça ne fait pas lui une chose ou un être bizarre.
36:22
Je pense que j'ai peut-être plus appris avec des gens en situation de handicap, sur le sexe en lui-même, quand j'étais au centre de rééducation. Parce que chacun nous donnait ses tips pour avoir une vie sexuelle.
36:43
plus belle, plus grande.
36:47
Plus vraie peut-être aussi. Mais l'inconnu dont vous parlez avec une autre personne, la question peut se poser aussi lorsqu'il n'y a pas de situation de handicap. Découvrir le corps de l'autre, être découvert, oser dire ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas. Voilà.
37:08
Mais je suis d'accord avec vous. J'aimerais que tout le monde ait son regard que vous avez. Parce que j'aimerais qu'on me dise, en fait, tu ne bandes plus, que tu es comme 30% de la population mondiale, tu ne bandes plus, voilà.
37:22
Oui, c'est ce que j'allais vous dire, le marché du Viagra se porte bien.
37:27
Oui, mais chez nous, les personnes en situation de handicap, on a eu le droit à... J'ai le droit de citer une marque, vous avez dit Viagra, donc...
37:41
Nous, c'est l'EDEC, c'est une piqûre, en fait. On a le droit à quatre piqûres par mois, donc un paraplégique, un tétraplégique. On a le droit de bander quatre fois par semaine, par mois, quatre fois par mois. Et donc, cette piqûre nous permet d'avoir une relation avec une érection qui dure entre 30 et 40. Ça peut monter à une heure, c'est vrai, mais c'est rare, mais entre 30 et 40 minutes.
38:11
Oui, donc voilà, il y a aussi d'autres solutions, encore.
38:14
Oui, en plus, oui, tout à fait. Mais je venais un peu pour expliquer, pour dire que si un jour vous rencontrez une personne en fauteuil ou en béquille ou je ne sais pas, personne en situation de handicap, ne vous arrêtez pas à son handicap, arrêtez-vous à la personne. Je pense que c'est la personne qu'on doit voir avant le handicap.
38:43
Oui, c'est le message que vous transmettez sur l'antenne ce soir et vous faites bien. Regardons-nous les uns les autres dans ce que nous sommes, en fait. Nous ne sommes pas que des corps.
38:54
Vous savez, là, je ne parle pas trop de là. Je suis allé dans une maison d'accueil spécialisée et j'ai un jeune homme qui est venu, moi, je venais juste d'être paraplégique. Donc, je suis en train de fumer, il est arrivé Il m'a dit, mais il faut voir, la scène, il m'avait, et il parlait avec difficulté. Il m'a juste dit, est-ce que tu as déjà marché ? J'ai dit oui. Il m'a dit, je te plains, parce que moi, je n'ai jamais marché. Je n'aurais jamais envie de marcher.
39:26
Que toi, toute ta vie, tu penseras à marcher. Donc, vous voyez, ce n'est pas parce que quelqu'un est déliminé physiquement qu'il n'a pas à te faire beaucoup.
39:36
et puis tout dépend où on se place encore pour voir la situation finalement c'est ça et on ne peut pas se mettre non plus à la place de l'autre quand on ne le vit pas c'est ça aussi, c'est les expériences qui nous permettent d'avoir des des regards dans le sens des mots je voulais juste dire un truc qui n'est pas pareil que l'amour mais moi je voulais que les gens arrêtent de venir
40:05
Me dire, j'ai vu les Jeux para-olympiques ou handicap, et tes copains travaillent super bien. Ce n'est pas mes copains, je ne les connais pas. Je n'ai pas de sport, je suis gros et je m'en fiche.
40:22
et c'est comme si je viens vous voir j'ai eu une triathlon ta copine elle court super vite c'est pas parce que t'es handicapé que tu dois faire du sport c'est pas parce que t'es handicapé que tu dois faire du sport c'est des raccourcis un peu vite et c'est très diminuant on va dire parce que quand une personne a un regard contre ça comment voulez-vous le faire changer moi je suis désolé moi ça m'énerve maintenant Ça fait même 23 ans que je suis comme ça.
40:56
À chaque club paroi olympique, je me mange des potes. Et ce n'est pas mes potes.
41:03
Vous avez une copine à l'époque quand c'est arrivé l'accident ?
41:06
Oui, j'avais une copine. Mais ça n'a pas duré parce qu'il faut savoir qu'il y a 20 ans, il y a 23 ans, le centre que j'étais, il n'y avait pas de psychiatre. Il y avait des psychologues, mais il n'y avait pas de psychiatre. Et moi, j'étais vraiment perdu à ce moment-là. Et maintenant, au centre de rééducation où je suis, quand j'aurais expliqué qu'il n'y avait pas le psychiatre avant, ils m'ont dit, oui, mais tous les centres de rééducation en même temps.
41:38
Il n'y avait pas de psychiatre parce qu'il fallait que tu survives à ton handicap et qu'ils ne prenaient pas en compte ta douleur.
41:49
Ils s'occupaient avant tout du corps, en fait, avant de s'occuper de la tête. On a beaucoup avancé.
41:55
Il y a les psychiatres. C'est vraiment bien. Je ne souhaite à personne d'être...
42:03
un blessé médulaire, mais ce que je veux dire, c'est que si un de vos proches, vous, vous êtes en charge, le jour d'aujourd'hui, ça dépend du département, bien sûr, mais en général, vous avez la chance de pouvoir être accompagné à une vie différente, Mais une vie, on ne vous dira pas, en disant tu meurs. Parce qu'il y a 20 ans, on disait la vie d'un paraplisique.
42:36
C'est 10 ans. Voilà, donc aujourd'hui, on a fait tellement...
42:41
Oui, et puis à l'ergothérapie, il y a beaucoup, beaucoup de choses, bien sûr. J'ai un message pour vous, France, d'une auditrice qui ne signe pas son message, mais je vais vous le lire. Elle dit, je souhaite à France plein de courage, de belles choses pour 2026, une douce sérénité, un nouveau chez lui, un bel amour, une bonne santé physique et morale. Le positif attire le positif, il faut y croire pour l'attirer. Je vous embrasse fort.
43:09
Voilà. Si j'ai un mois à dire, il faut dire aux auditrices. Merci, mais ce que vous avez dit, il faut le faire pour vous, et moi je le ferai pour moi. Parce que c'est vrai que beaucoup de fois... J'ai entendu ça. Et c'est les conseillers... Qu'ils n'ont pas les payeurs.
43:31
C'est ça que vous voulez dire. Voilà. Ça part en tout cas d'un bon sentiment.
43:36
C'est très touchant. Ça me touche. Et j'espère que tout ce que... Et que tout ça va se réaliser. Voilà, exactement. Merci France.
43:47
Merci d'avoir été avec nous ce soir sur l'antenne de repas.
43:51
Oui, allez-y. Je voulais vous dire que vous nous remerciez chaque soir. Merci d'être là. Je voudrais vous parler à mon nom. Je voudrais vous dire merci d'être là aussi.
44:02
Un grand merci. Merci à vous. Vous savez, cette émission ne se fait pas sans les auditeurs. Alors moi, je dis merci à tous les auditeurs qui nous écoutent et à toute la communauté de la Libre Antenne. Merci, Franz. Prenez soin de vous.
44:14
Au revoir. Merci, au revoir.
44:16
Au revoir.
44:18
Maman, si vous avez un visage, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier, un papier.
44:52
Bonsoir Lila.
44:56
Bonsoir Valérie.
44:57
Merci d'être avec nous. Que puis-je faire pour vous ce soir ? Dites-moi Lila.
45:02
Eh bien voilà, il y a quelques mois, mes cousins sont passés me voir. J'habite dans le centre de la France et j'ai fait une chambre d'hôte.
45:13
On dira, c'est une chambre, quand vous passez du nord et du sud, c'est une chambre, une terre d'accueil. Simplement, mais une chambre d'hôte, c'est un sans-pays. Comme ça, de bon cœur.
45:25
J'aime beaucoup comment vous le dites, quand même. C'est très joli. La manière dont vous le dites, c'est très poétique.
45:30
Et ses cousins sont arrivés et ils me disent « Tu as des nouvelles de ta nièce ? » Je dis « Qu'est-ce qu'elle a ? » Ils me disent « Ça ne va pas ? » Je dis « Oui, je sais. Elle a eu un problème de cancer. » du cancer à droite, et puis elle a enlevé le sein gauche, et puis elle a perdu son travail, mais maintenant, ça va beaucoup mieux. Maintenant, il y a quelque chose d'autre. Je dis, je ne suis pas au courant. Ah bon, tu n'es pas au courant ? Je dis, non, je ne suis pas au courant. Donc le soir, j'ai voulu téléphoner à ma soeur, la maman de cette nièce, et j'ai eu une soeur qui me dit, qu'est-ce que tu veux savoir ?
46:10
Je dis, J'ai appris que ta fille était souffrante et que c'était grave. Et je ne sais pas comment je peux t'aider. Tu n'as rien à faire pour m'aider. Tu disparais de ma vie, c'est tout. Je ne t'ai rien demandé. Tu dégages, je ne t'ai rien demandé. Tu n'as rien à faire là. De toute façon, tu es toujours au courant de tout et de tout le monde.
46:44
Ça te plaît de savoir qu'on est en souffrance ? Ça te plaît de savoir ? Et tout d'un coup, je me suis trouvée avec une sœur que je ne comprenais. Mais je ne comprenais rien du tout de ce qui m'arrivait.
46:56
Mais en temps normal, vous avez quelle relation avec elle, Lila ?
47:01
Ça se passait, je vais dire, bien. Simplement bien.
47:06
Vous étiez en contact régulièrement ? Vous vous voyez, je ne sais pas moi, aux fêtes de Noël ? Vous vous voyez peut-être plus souvent que ça ?
47:15
On se voyait moins souvent parce qu'elle habite dans le nord de la France et moi je suis dans le centre de la France. Donc avant, elle passait régulièrement, passait une nuit quand elle partait. Elle partait en vacances à Collioure et elle s'arrêtait une nuit chez moi et puis elle reprenait la route. Et puis après, elle n'est plus arrêtée chez moi parce que ma maison était la petite maison dans la prairie.
47:44
Ah, c'est ce qu'elle disait ? Oui. Donc, j'ai dit, c'est pas très grave. C'est plutôt joli d'avoir la chance d'avoir une petite maison dans la prairie. C'est presque devenu une référence quand on rêve de quelque chose, d'avoir la petite maison dans la prairie.
47:57
Pas pour elle, mais c'est pas grave. Et puis, j'ai découvert Alors elle m'a dit, tu sais, tu es partie, parce que c'est vrai que quand j'étais jeune, j'ai quitté ma famille à 16 ans parce que mon père n'était pas d'accord avec mon mariage. Donc j'ai dit, écoute, tu n'es pas d'accord, tu as le droit. Et je suis partie.
48:20
Et vous vous êtes mariée à quel âge ?
48:22
Il fallait que j'attende 21 ans. À cette époque-là, c'était la majorité à 21 ans.
48:28
Et vous vous êtes mariée à 21 ans avec le monsieur pour lequel vous avez quitté votre famille ?
48:32
Bien sûr.
48:33
Et vous êtes restée mariée combien de temps ? Vous êtes peut-être toujours mariée d'ailleurs, Lila.
48:37
Pas longtemps parce qu'à 23 ans, mon mari est décédé. Ah bon ?
48:44
De quoi il est décédé, votre mari, à 23 ans ?
48:47
Un accident de camion.
48:49
Ah oui.
48:50
Il a été tué dans sa remorque. Il était à un semi-remorque et puis il a rencontré un autre semi-remorque qui lui a refusé la priorité. Puis il est mort dans son camion.
49:01
J'avais 23 ans et j'avais deux enfants.
49:04
Alors, c'était ma question d'après. Est-ce que vous avez eu le temps de faire des enfants avec l'homme que vous aimiez ?
49:09
Oui, j'ai eu deux enfants.
49:12
En tout cas, c'était une histoire d'amour. Vous avez vraiment défendu, bec et ongle, votre histoire d'amour à juste titre.
49:23
Il y avait vraiment comme une urgence quand même.
49:26
Oui, parce que mes parents n'étaient pas d'accord. Vous n'êtes pas d'accord. Je suis désolée que vous n'êtes pas d'accord. Mais moi, je ne suis pas d'accord avec vous. C'est comme ça. Non, mais ce n'est pas l'homme contre vous. Oui, je vous comprends bien, mais moi, je ne suis pas d'accord avec vous. C'est cet homme-là que j'aime. Et c'est cet homme-là que j'aimerais, point barre.
49:44
On va revenir à la problématique avec votre sœur, mais juste comment vous avez vécu quand vous êtes partie à 16 ans de la maison par amour ?
49:52
Comment j'ai vécu ?
49:54
Financièrement, matériellement, comment vous avez vécu ?
49:58
Comment on vit quand on est recherché par la police ? Comment on vit quand on doit travailler en...
50:09
Au black, on ne peut pas se déclarer parce que si vous vous déclarez, vous êtes connu. Il faut tout tricher.
50:16
Et pourquoi être recherché par la police ? Parce que vos parents, ils vous ont fait rechercher par la police ? Ah oui, oui, oui. Ah oui, donc vraiment, cette histoire, elle a du mérite.
50:27
Et mes parents ont fait un détournement de mineurs et tout. Non, non, c'était très grave.
50:32
Si jamais on retrouvait mon mari, lui, il se prenait 8 ans de prison. Non, non, non, c'est très grave.
50:39
Il avait quel âge, lui ?
50:41
Lui, il avait 34 ans et moi, j'en avais 16.
50:44
Ah oui. Comment vous vous êtes rencontrée ?
50:47
Ah, ça, c'était...
50:48
C'est comme ça, c'est la vie, on s'est rencontrés. C'était merveilleux, c'est tout, on s'est rencontrés, on s'est rencontrés, c'est tout, point bas.
50:55
Vous vous êtes rencontrés, je veux dire, dehors, en soirée, au restaurant ?
51:09
Et je lui ai dit, non, prête-moi ta moto, j'ai besoin, j'ai besoin, je t'assure. Oui, mais si jamais tes parents l'apprennent, ils l'apprendront pas, je serai rentrée avant et tout. Et puis, j'ai piqué la moto, enfin, j'ai pas piqué. Il m'a prêté la moto, j'ai bien mis mon casque, j'ai bien tout fait bien et tout. Et puis, le gars, il venait me livrer des cailloux, il appelait ça des cailloux, mais en fait, c'était des morceaux de granit parce que mon père était marbrillé. Et... Et c'était le livreur de granit.
51:41
Et je lui ai dit, vous pouvez passer derrière. D'abord, je lui ai fait une queue de poisson parce que j'étais un petit peu en retard. Et puis, il m'a klaxonné. Il s'est arrêté devant la maison. Je lui ai dit, ça y est, il va me disputer parce que je lui ai fait une queue de poisson. Mais non, non, non. Il m'a dit, je cherche la maison untel parce que je dois livrer des petits cailloux. Je fais... Oui, d'accord. Je vais vous passer en dessous, par derrière, et puis je vais vous conduire pour vous... Pour vous montrer le chemin ? Pour vous montrer comment on fait.
52:12
Et mes parents n'étaient pas là, et je savais très bien manipuler le...
52:17
Le silo ? Oui.
52:19
Non, c'est...
52:20
Ce n'est pas un silo ?
52:22
Non, vous mettez des... Vous mettez des... Des chaînes, et puis vous accrochez, et puis vous enlevez un caillou, vous mettez sur le côté, c'est des... C'est les blocs de granit. Et le gars, il me dit, vous avez déjà fait ça ? J'ai dit, non, non, mais... Alors, j'ai bluffé, parce que je le trouvais très beau. J'ai bluffé, puis j'ai dit, non, non, non, je... Je sais pas, on va faire... Et il m'a sauté dessus, il m'a dit, mais on rigole pas, c'est grave, c'est du granit, il y en a pour 5 tonnes.
52:54
J'ai dit, je sais, j'ai l'habitude de le faire avec mon père. Mais alors, quand il m'a touchée comme ça, ça... Ça fait des étincelles, ça fait des étincelles.
53:05
Est-ce que c'était votre premier amour, Lila ? Oui.
53:08
Oui.
53:14
Oui. Je sens qu'il y a encore... C'est encore difficile d'en parler ?
53:19
Non. Vous avez quel âge aujourd'hui, Lila ?
53:25
73 ans. 73 ans, oui. Il a une place particulière, cet homme, hein ?
53:30
Il était beau comme tout. Il était hollandais. Il était grand, blond, aux yeux. Il était magnifique, c'est tout. C'était l'homme que je voulais pour mes enfants.
53:40
On ne cherche pas quelque part. Quelque part, on ne cherche pas. C'est lui, c'est lui.
53:45
Est-ce qu'on le sait tout de suite ? Comment ? Est-ce qu'on le sait tout de suite ? Est-ce qu'on sait tout de suite que c'est l'évidence ? À quel moment vous vous êtes dit que c'est vraiment lui ?
53:55
Non, non, non. La nuit, j'ai rêvé que je me mariais avec lui et qu'il avait une chemise bleue, qu'il avait remonté ses bras, qu'il avait remonté sa chemise. Et puis, j'ai rigolé en me réveillant. J'ai dit, quel drôle de rêve bizarre.
54:10
Et puis, je suis partie travailler dans une usine dans le Nord-Pas-de-Calais.
54:17
Et puis, toutes les filles, elles sortaient de l'usine et puis, moi, j'étais en retard parce que moi, je rangeais tout mon matériel. Les filles, ça sonnait, hop, elles arrêtaient tout, elles mettaient tout l'air. Et puis, moi, je rangeais tout mon matériel parce que j'étais un petit peu...
54:31
Je n'ai pas été habituée à ce genre de choses. Et puis, il était à la porte de l'usine et toutes les filles étaient les yeux là, elles le regardaient. Et je suis regardée derrière moi, j'ai dit, mais il n'y a plus personne derrière moi. Il m'a dit, mais je vous attendais, qui m'a dit
54:50
Et quand vous vous êtes marié, il était avec la chemise bleue et il a remonté ses manches ?
54:55
Il avait la chemise bleue mais il n'a pas remonté ses manches.
54:58
Donc le rêve était à peu près monitoire.
55:01
Oui, ça c'était carrément un rêve prémonitoire. De toute façon, ça restera et il sera toujours l'homme de ma vie.
55:12
Et après, est-ce que vous avez refait votre vie ? Parce que vous étiez très très jeune quand il est décédé.
55:16
Quand il est décédé, j'avais 23 ans. Eh oui ?
55:19
J'avais un fils et une fille qui avaient 4 ans et 2 ans. Et j'ai galéré. Galéré parce que pas d'argent, puis pas de famille, parce que j'étais toute seule.
55:33
Parce que vos parents, ils n'ont jamais accepté, même ensuite, cet amour, ce mariage, les petits-enfants ?
55:41
Si, si. Ils ont accepté parce que la gendarmerie du coin leur a dit, écoutez, si vous ne faites rien, si vous n'enlevez pas votre plainte, Il va faire 8 ans de prison et apparemment votre fille est enceinte. Je lui ai dit, tu veux que mon enfant vienne en prison ? Tu veux quoi ? Donc là, j'ai réussi à me battre. Ça a été accepté, mais bon.
56:04
D'accord. Donc ils ne sont pas restés proches de vous ensuite, ni de leurs petits-enfants ?
56:11
Après, après, après. Oui, après, très fort.
56:15
Une fois qu'il est décédé, que vous étiez vraiment dans des difficultés, etc., est-ce que là, ils ont joué un peu leur rôle de parents ?
56:22
Pas trop, pas trop. Enfin, ce qu'il y a, c'est que c'était curieux parce que mon père, il venait me donner un coup de main et me disait « t'en parles pas à ta mère ». Et ma mère, elle venait me donner un coup de main et elle me disait « t'en parles pas à ton père ».
56:34
C'était très comique.
56:36
Il ne voulait pas désavouer la parole de l'autre qui devait se dire eux en privé.
56:41
Je me disais, mais s'ils pouvaient s'associer et faire la même chose. Mais bon, je souriais en cachette. Par contre, mon beau-frère, c'est-à-dire le mari de ma sœur, il a été très, très, très protecteur. Il m'a ramené plein de choses. Il m'a aidé, aidé, aidé, aidé, aidé. Ça, c'est vrai.
57:03
Le mari de la sœur dont on parlait en début d'entretien ensemble.
57:06
Oui. Lui, il m'a aidée énorme. Il disait, il faut l'aider. Elle est toute seule avec ses petits. Il faut l'aider. Et il faut faire ce qu'on peut... Il allait voir sa maman, il lui disait, t'as pas des trucs que tu te sers plus, tu pourrais pas lui donner quelques drogues, quelques nappes, quelques torchons, tout ça, elle a plus rien. Et il a été vraiment un frère, c'était mon frère.
57:28
Et donc vous étiez proche de votre soeur de fait, puisque votre beau-frère était proche de vous et vous aidait vraiment. Oui, oui, oui. Alors, qu'est-ce qui s'est passé avec cette sœur pour qu'elle réagisse comme ça ? Est-ce que c'est la souffrance de voir sa fille souffrir ? Qu'il a fait comme ça, mal vous parler ?
57:45
Ça l'a fait friller, je pense. Et après, j'ai perdu mon fils aîné. Il avait 19 ans. Et là, ça a été le drame de ma vie, évidemment.
57:58
Oui, bien sûr. Et il est décédé de quoi, votre fils aîné ? D'un suicide.
58:05
Le jour de la nuit de la Saint-Valentin.
58:07
Et à cause d'une histoire d'amour qui ne se faisait pas ?
58:10
Une histoire d'amour qui a raté. Et j'ai eu beaucoup de mal à me remettre en place. Oui, ça se comprend. Entre temps, j'avais rencontré un autre monsieur avec qui je travaillais, qu'on s'entendait super bien.
58:32
Et j'avais refait deux enfants.
58:36
Donc vous en aviez quatre en tout à ce moment-là de votre vie.
58:39
J'en avais quatre en tout, oui. Et quand elle m'a dit méchamment, tu ne te rends pas compte, tu ne sais pas ce que c'est que de perdre un enfant, toi. Je lui ai dit, mais en fait, tu as oublié mon fils, tu as oublié... C'était son fille, elle, en plus. Tu as oublié que j'ai perdu mon fils, tu as oublié...
59:02
Tu étais partie, tu n'avais pas besoin de revenir, on était bien tranquille sans toi.
59:06
Pourquoi elle vous dit que vous étiez partie, Lila ? Vous vous êtes éloignée à un moment donné ?
59:10
Ben oui, quand j'étais toute jeune, mes parents ne voulaient pas ce mariage et je suis partie.
59:14
Ah, c'est de ça dont elle parlait ? Vous avez 73 ans aujourd'hui, il y a un peu prescription.
59:18
Oui, mais elle me parlait de ce départ qui est daté de 70.
59:23
Oh là là, oui, mais bon, là, c'est un peu...
59:26
Tu étais partie, tu n'avais pas besoin de revenir, on était tranquille sans toi.
59:29
Elle a eu 60 ans pour vous le dire. Et elle décide de vous le dire maintenant. C'est un peu bizarre.
59:37
Ah oui, je n'ai pas compris. Parce qu'on a l'impression qu'elle perd un peu la tête, cette femme. Sur le coup, j'ai pensé comme vous. Je me suis dit, elle ne sait plus ce qu'elle dit.
59:49
Quel âge elle a, votre soeur ?
59:52
Elle a 6 ans plus que moi. Donc moi, j'ai 73. Elle en a...
59:57
79. Oui, presque 80 ans. Je me suis dit, ben ça y est, elle perd la tête, elle ne sait pas ce qu'elle dit. J'ai pensé ça vraiment.
60:06
Ben oui, c'est ce sentiment que j'ai aussi quand vous me racontez la conversation.
60:10
Apparemment, elle n'a pas du tout perdu la tête. Non, non, apparemment, elle n'a pas perdu la tête, elle est bien consciente.
60:19
Alors depuis, vous vous êtes reparlée ou pas ?
60:21
Ah non, non, non. Alors, moi je suis très chrétienne.
60:24
Oui ?
60:25
et Christ m'a dit dans ma bible Christ m'a dit si tu veux être tranquille tu dois te réconcilier avec ton frère ou ta soeur si tu as un problème donc moi je lui ai écrit une lettre alors je lui ai dit bon je t'ai appelé puis c'était peut-être pas le bon moment je pense que tu as un gros souci avec ta fille qui est en difficulté mais sache que moi je t'aime beaucoup parce qu'en plus on ne sait jamais discuter de notre vie Moi, je t'aime beaucoup et je ne t'en veux pas.
60:58
Je t'aime toujours et c'était à Noël ou je ne sais plus si c'était Noël ou Nouvelle-Arme. C'était à l'occasion d'une fête comme ça. Je n'ai pas eu de réponse, évidemment.
61:10
C'était à combien de temps, cette histoire avec votre soeur ?
61:13
C'était là, à Noël.
61:14
Ah oui, ça fait quelques mois. Est-ce que vous avez appelé votre nièce ?
61:22
Oui, elle ne me répond pas.
61:24
Mais je me demande si c'est son téléphone à elle ou si c'est son téléphone du travail. Parce que je sais qu'elle avait un téléphone du travail et qu'elle a quitté son travail. Alors si ça tombe, je n'arrive peut-être pas à l'avoir elle.
61:39
Et est-ce que les cousins-cousines sont proches les uns des autres ?
61:42
Pas les cousins. Le fils de ma sœur, c'est mon fille, elle. Et il m'attend le samedi prochain. parce que j'ai décidé de remonter dans le Nord Pas-de-Calais, parce que moi, j'habite dans l'Allier. Oui. Et j'ai un ami qui me dit, moi, souvent, il passe une nuit à la maison, il se repose, puis après, il remonte dans le Nord. J'ai dit, je serais très contente de profiter de toi, parce que moi, je ne peux plus conduire. Je serais très contente si tu pouvais me prendre en charge et me remonter dans le Nord Pas-de-Calais.
62:15
Et là-bas, je trouverais une voiture d'occasion, une voiture à louer. Et puis, j'ai loué un... J'ai loué un gîte dans mon village.
62:25
Donc vous allez pouvoir voir la famille ?
62:28
Je vais pouvoir voir ma famille où j'ai dit à ma nièce que je venais le samedi 6 et tout. Et je suis très anxieuse de ne pas pouvoir aller voir ma sœur.
62:44
Alors mon ami qui va me faire marrer avec moi, il me dit Si tu veux, on y va ensemble. Je ne sais pas si je vais être capable de faire ça. Ça vous met en stress ? Je ne supporte pas d'être médiocre comme ça, d'être méchante.
63:06
De sa part, vous voulez dire ? Parce que vous, vous n'êtes pas méchante. Vous vous tendez la main ?
63:13
Moi, je ferai de manière concentrique. Je commencerai par faire le filleul, la nièce, ces enfants, plutôt, déjà, dans un premier temps. C'est ce que j'avais pas vu de faire. Ensuite, selon ce que vont dire les enfants, allez voir votre sœur. Est-ce que votre beau-frère est toujours de ce monde ?
63:33
Non, il est décédé. Parce qu'il y avait plus, ça ne se serait pas passé comme ça.
63:39
Est-ce qu'il y a d'autres frères et sœurs ?
63:42
Ils sont trois. Donc c'est qui votre... Ma nièce très malade. Le frère, mon fille, elle. Et puis une soeur que je ne connais plus trop parce qu'elle n'est pas près de sa mère. Elle ne répond pas. Elle n'a plus envie de la famille.
64:01
Et vous, vous n'êtes que deux filles dans la fratrie.
64:04
Oui. On n'est plus que nous deux. On n'est plus que nous deux. On a perdu nos parents. On a perdu notre frère. On n'a plus personne. On n'a plus que nous deux.
64:13
Moi, j'ai envie de vous dire, Lila, je comprends votre état de stress et votre état d'anxiété. Je comprends tout à fait parce que c'est jamais facile de se faire rejeter. Ah non, ça fait mal.
64:22
Oui, mais j'ai envie de vous dire, puisque vous êtes croyante, vous êtes au-dessus de ça. Je sais.
64:27
Mais ça fait très mal quand même si elle me jette et je ne vais pas le supporter.
64:34
Oui, mais ce ne sera pas sa volonté. Ce sera la volonté du ciel dans ces cas-là. Et vous, vous aurez fait de votre mieux. Voyez ?
64:45
Le principal, c'est de faire de son mieux. Donc, vous, j'entends pas d'ego dans votre voix. J'entends pas que vous avez de l'orgueil ou de l'ego du tout. Donc, moi, j'irai au bout du bout. Vous êtes plus que deux. Vous avez traversé toutes les deux des épreuves terribles de la vie.
65:03
Elle, elle est en train de le vivre. C'est pas du tout dans l'ordre des choses qui se passent pour elle.
65:10
Moi, j'irai quand même la voir.
65:13
De manière à ce que vous alliez vraiment au bout du bout du bout du bout de la main tendue. Et si elle refuse de la saisir, il ne faudra pas prendre les choses personnellement, il faudra juste accepter.
65:23
C'est ça que j'ai peur de ne pas savoir faire.
65:29
Moi je crois que vous avez les ressources pour le faire. Demandez de l'aide au ciel quand vous allez y aller.
65:36
Oui, mais ce n'est pas facile de se faire jeter comme ça.
65:40
Non mais ne prenez pas les choses personnellement, c'est dans les accords Toltec, vous savez ce petit livre.
65:45
Oui, je connais les accords Toltec.
65:47
Voilà, ne pas prendre les choses personnellement, ce sera son histoire à elle si elle ne saisit pas votre main. Mais vous, vous aurez tendu la main, dans un moment qui est douloureux pour elle.
65:57
Je comprends bien qu'elle est en souffrance.
66:01
Oui, je sais que vous savez. Peut-être que c'est terrible pour elle. Peut-être que vous êtes son bouc émissaire et qu'elle a besoin d'un bouc émissaire en ce moment. Elle a besoin d'être en colère contre quelqu'un. Parce qu'elle ne peut pas exprimer sa colère compte tenu de la situation. Et qu'elle choisit sa sœur parce qu'elle sait que vous êtes là quoi qu'il arrive. Peut-être qu'elle n'a pas grand monde autour d'elle non plus.
66:30
C'est pour ça, aller au bout. Aller au bout, Lila, vraiment. Aller au bout en confiance, mais sans attente.
66:39
Sans attente surtout.
66:40
En confiance et sans attente.
66:41
Oui. En confiance et sans attente.
66:44
C'est-à-dire que si elle me jette, je suis d'accord, je m'en vais et je ne parle plus.
66:49
Voilà. Vous ne parlez plus. Vous ne faites pas la tête, bien sûr. Vous lui dites, je comprends. Si tu ne peux pas, si c'est au-dessus de tes forces, je te comprends. Moi, j'ai voulu essayer. J'ai voulu essayer. Sache que je suis là et que je t'aime. Ce que vous avez déjà écrit au mois de décembre. Oui. Moi, je veux aller au bout de cette démarche parce que pour moi, c'est une démarche de cœur, de sincérité, d'authenticité. Je pense qu'on a besoin l'une de l'autre puisqu'on a traversé toutes les deux.
67:18
Surtout que tout le temps qu'on était en jeunes et enfants, on ne s'est jamais trahi. Quand elle était toute jeune, qu'elle avait ses amours, je n'ai jamais rien dit. Elle le dit tout le temps. Tu ne m'as jamais trahi. Tu as toujours été là. Pourquoi elle fait ça maintenant ? Je ne comprends pas.
67:37
Peut-être parce qu'elle est trop en souffrance, peut-être. Peut-être trop en souffrance, peut-être en incapacité de rentrer en lien avec quelqu'un d'autre que sa fille. On ne sait pas ce qui passe par la tête d'une maman.
67:50
Sa fille, elle lui a dit « Maman, tu m'excluses, je suis malade, mais j'ai besoin que tu me laisses un peu d'air, parce que je ne supporte plus que tu sois là tout le temps, j'ai besoin d'air. » Parce que sa fille... Elle sait, elle sait très bien ce qui l'attend. Elle est avec un... Elle a un cancer des os. Elle a un gros, gros, gros, gros souci. Et elle dit, je sais, maman, ce qui m'attend. Mais laisse-moi un petit peu.
68:21
Laisse-moi vivre. Et je sais, parce que ma petite belle... Ma belle-fille... Non, c'est pas ma belle-fille. Ma belle-nièce, je sais pas comment on dit ça. Ma nièce... Elle m'a dit qu'elle n'en peut plus. Que sa mère l'étouffe. Elle l'étouffe parce qu'elle a peur. Je comprends qu'elle ait peur. Mais nous, on est là aussi pour l'aider si elle a besoin d'un coup de main. Mais non, elle ne veut pas.
68:53
Après, on ne peut pas aider les gens qui ne veulent pas être aidés.
68:57
Donc faites le maximum que vous pouvez faire, vraiment, entourez-la d'amour, témoignez de l'amour, tendez-lui la main, en bonne chrétienne que vous êtes de toute façon, et en plus ça répond vraiment à la justesse de votre cœur. Non mais là, en présentiel, vous allez aller la voir.
69:15
Peut-être qu'elle va s'autoriser à pleurer dans vos bras, peut-être que ça va être plus fort qu'elle, peut-être qu'elle attend de quelqu'un qui accueille sa souffrance.
69:24
Je ne sais pas. Ce qui m'a beaucoup fait mal, c'est le fait de dire qu'elle était partie, qu'elle n'avait plus besoin de revenir.
69:35
Vous savez, avec ce qu'elle vit aujourd'hui, et vous êtes vraiment la mieux placée pour le savoir, avec la perte de votre fils, vous savez que les mots dépassent la pensée, vous savez que la peine, la tristesse, le chagrin, la peur ne sont pas bonnes conseillères.
69:49
C'est bien, mais moi, quand j'étais en souffrance, je n'ai jamais fait souffrir comme ça.
69:53
Oui, mais on est tous différents. On est tous différents, Lila. J'entends votre peine à vous aussi, et j'entends votre désarroi. Vraiment, je ne le minimise pas. Mais, allez au bout de votre démarche.
70:10
Sans peur. Je dois... Mon ami, il m'a dit, si tu veux, je t'accompagnerai. Moi, je ne sais pas si je vais supporter, parce que Parce que je ne sais pas si mon cœur va supporter.
70:22
Alors allez-y avec votre amie. Allez-y avec votre amie, bien sûr. Vous, vous ne refusez pas l'aide.
70:30
Il m'a dit, si tu veux, je t'accompagnerai. Si elle nous jette, on partira, puis c'est tout.
70:37
Et moi, je vous propose de nous rappeler dans trois semaines. Si vous voulez nous dire comment ça s'est passé, vous voulez bien ?
70:44
D'accord.
70:45
Donc je vous dis à bientôt, Lila.
70:47
Merci beaucoup Valérie.
70:48
A très bientôt. Je vous embrasse.
70:57
Au revoir.
71:02
Au revoir.
71:06
Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 C'est parti !
73:09
Sous-titrage ST' 501 C'est parti !
74:15
Bonsoir, Bernadette.
74:27
Bonsoir, Bernadette.
74:28
Merci d'être avec nous. Moi, je vous appelle parce que j'ai un souci avec ma petite fille.
74:35
Oui, qui a quel âge ?
74:36
Cette petite fille, ses parents, ils ont divorcé, ça l'avait un peu tracassé, elle a un peu perturbé. Et là, elle est en ménage. Ça fait un peu une bonne année. Elle est en ménage avec, on pense, un pervers narcissique parce qu'il est un peu bizarre. Elle n'a vraiment pas de bonne réputation. Et cette petite, donc, elle est avec cet homme, avec ce jeune homme.
75:07
Il a 24 ans et elle, elle en a 25. Et...
75:12
Il est complètement bizarre parce qu'il faut toujours que les emportes soient portables avec elle et qu'ils puissent suivre du matin au soir et du soir au matin avec son portable. Il est sans arrêt en train de la suivre. Et elle, elle se laisse faire.
75:29
Il la géolocalise ?
75:31
Voilà, voilà, en permanence.
75:33
Donc il est jaloux maladif ?
75:35
Ah ben sûrement, moi je ne sais pas, mais...
75:39
Il faut toujours... Par exemple... Déjà, elle a perdu ses amis. Il a supprimé ses amis. Et là, maintenant, c'est avec les parents. Par exemple, elle va manger chez son papa. Il ne faut pas qu'elle reste plus de deux heures. Des fois, même pas. Il a reçu le téléphone pour lui dire qu'il faut qu'elle rentre.
76:05
Et elle rentre.
76:07
Elle a peur de lui ?
76:10
Je ne sais pas si elle a peur de lui, on ne peut pas dire ça, parce qu'il a passé longtemps que ça, ça s'est arrivé deux fois, elle l'a mise dehors, et elle a appelé ses parents, donc sa mère va la récupérer, elle reste deux jours chez sa mère, et après elle y retourne.
76:33
C'est elle qui y retourne ?
76:36
Oui, parce qu'au téléphone, il doit le lire qu'elle écoute.
76:45
Est-ce que vous, vous avez parlé, Bernadette, avec votre petite fille ?
76:49
Non, moi je ne sais pas.
76:52
Vous êtes proche d'elle ? Comment ? Est-ce que vous êtes proche d'elle ? Ah oui, oui, oui. Et vous ne vous sentiriez pas d'essayer de recueillir ses confidences ?
77:04
Oui, mais pour quoi comme confidence ?
77:08
Par exemple, à faire un petit peu parler sur le mode de vie qu'ils ont ensemble, même si là, visiblement, vous avez quelques informations, pour savoir si elle est sous emprise, par exemple, si elle est amoureuse de lui ou non.
77:21
Oui, mais elle est amoureuse de lui, elle le dit. Elle le dit qu'elle est amoureuse de lui, qu'elle aime trop, qu'elle ne veut pas le quitter.
77:28
Elle est malheureuse ou pas, d'après vous ? Avec lui ? Oui, est-ce qu'elle, elle dit qu'elle est malheureuse ou pas ?
77:35
Ben oui, oui, oui. À un moment, elle dit qu'elle est malheureuse, mais elle dit qu'elle aime, qu'elle ne veut pas le quitter. Oui, elle est malheureuse.
77:42
En dépit de la souffrance. Voilà, voilà. Il n'y a pas grand-chose à faire, Bernadette, à part rester là pour elle quand elle appelle et qu'elle a besoin, à part essayer de la raisonner, mais elle est lucide. Elle sait que ça ne va pas. Ah oui, bien sûr, bien sûr. Voilà, elle sait que la relation est toxique.
78:02
Voilà, même là où elle travaille, on lui dit.
78:05
Et elle s'en raconte, elle l'a fait. Mais il faut qu'elle y retourne.
78:09
Elle n'arrive pas à le quitter, en fait.
78:11
Voilà, c'est ça.
78:12
Elle n'arrive pas du tout à le quitter. Et ça fait un an que ça dure, c'est ça ?
78:17
Oui, il y a eu un an au mois d'avril. Donc il y aura deux ans au mois d'avril même.
78:22
Il ne l'a jamais frappé ?
78:24
Si, justement.
78:25
Ah, il l'a frappé aussi.
78:27
Donc il y a des violences physiques aussi. Voilà. Et sa sœur avait même fait venir le procureur. Elle avait fait appel au procureur de la République. Le gendarme s'était déplacé. Et quand il y a un enfant, la petite a dit non, non, il n'y a rien. Et du coup, sa sœur ne parle plus. Elle l'a bloqué. Ses copines, elle ne lui parle plus. Donc là, il n'y a plus que la maman, son papa, sa grand-mère paternelle et moi.
78:50
C'est très, très important de maintenir le contact.
78:53
Ah oui, oui, mais ma fille, elle est allée voir une association femme d'actu.
79:00
Oui, absolument.
79:01
Et c'est ce qu'on lui a dit, de bien garder le contact pour qu'elle puisse...
79:07
Qu'elle sache qu'elle peut appeler à n'importe quelle heure et venir se réfugier surtout chez ses parents ou chez ses grands-mères, ça c'est primordial. Parce qu'à part garder le contact et l'écouter et ne pas la juger, et ne pas la juger, il n'y a pas grand chose à faire parce qu'on ne sauve pas quelqu'un qui ne veut pas être sauvé ça veut dire qu'elle n'en a pas elle ne souffre pas encore suffisamment Bernadette, alors je sais que c'est difficile à entendre pour une grand-mère parce qu'évidemment qu'on a envie de soulager la peine de nos enfants de nos petits-enfants mais elle ne trouve pas encore la ressource en elle pour partir, pour sortir de ses griffes oui c'est ça, mais c'est ça Voilà, donc malheureusement, malheureusement, il va falloir qu'elle arrive toute seule à se rendre compte à quel point ce qu'elle vit n'est pas normal et même dangereux.
80:10
Oui, mais sa maman lui dit, sa maman lui dit. Sa maman lui a même convenu d'un code pour qu'elle mette juste un mot sur son portable, si elle n'est pas entendue.
80:21
Si elle se sent en danger. Peut-être que ce que peut faire sa maman, c'est l'emmener à l'association des femmes battues. Avec elle.
80:29
Oui, mais avec le monsieur qui la... Qui la géolocalise. Qui la géolocalise tout le temps, tout le temps. Son maman, elle va faire rencontrer un MC. Donc, elle y allait. Et puis, il a dit, oh, mais si vous parlez de moi, tu n'y vas plus. Donc, étant donné qu'il la géolocalise tout le temps, elle ne peut rien faire.
80:53
le problème c'est pas tellement ça le problème c'est qu'elle ne veut pas sortir de cette emprise et donc parce que parfois on sait qu'on est sous emprise on veut en sortir mais on a peur d'en sortir mais là elle ne veut pas en sortir Donc, est-ce que dans ces cas-là, il est envisageable qu'elle accepte de laisser son portable à la maison chez ses parents et qu'elle parte avec sa mère voir l'association de femmes battues ? Pourquoi je vous dis ça ? Parce que quand on parle à des personnes qui ont vécu la même situation, c'est différent.
81:27
Et en plus, ce sont des tierces personnes.
81:31
Ce n'est pas sa mère, ce n'est pas ses grands-mères, ce n'est pas son père. C'est une tierce personne. Et parfois, on entend des choses d'une tierce personne davantage que quand ce sont des proches.
81:42
Mais de toute façon, la petite, elle s'en rend compte. Elle s'en rend compte qu'elle n'est pas dans une relation saine.
81:52
Mais est-ce qu'elle veut en partir ou pas du tout ?
81:54
Peut-être qu'elle sortait tout le temps, tout le temps.
82:01
alors qu'ils se rencontrent complètement bloqués.
82:04
Est-ce qu'elle veut sortir de cette relation ou absolument pas Bernadette ? C'est ça l'outil qu'il faut savoir. Est-ce qu'elle veut en sortir ou pour le moment elle est trop amoureuse de lui et elle ne veut pas en sortir ?
82:15
Moi je pense que c'est ça, car elle est trop amoureuse, elle ne veut pas. Maintenant pour le réveillon du 1er janvier, ils ne sont restés que tous les deux.
82:26
Ça, c'est pas très grave. Quand on est très bien avec son amoureux ou son amoureuse, on n'a pas envie d'être à plusieurs. Ça, c'est pas du tout significatif.
82:37
C'est très passionnel, leur relation ? Ou c'est juste... Ou il est vraiment maltraitant, lui ? De toute façon, s'il l'a frappé, c'est la claque de trop, je veux dire.
82:47
Là, il n'y a même pas de sujet, en fait. Non, mais c'est quelqu'un, déjà, apparemment, c'est quelqu'un qui n'a pas de famille. Enfin, qui a de la famille, mais qui s'en occupe. La famille ne s'en occupe pas. Et il ne faut pas lui parler de sa famille. Il ne faut rien lui demander.
83:02
En fait, il ne faut pas lui parler ?
83:05
En fait, il ne faut pas lui parler. Il ne veut être qu'avec sa copine.
83:09
Oui, il est complètement possessif. Il est jaloux maladif. Et en plus, il est toxique puisqu'il la frappe. Donc là, c'est sûr qu'il y a le combo qui fait qu'il faut qu'elle fure.
83:20
Et en plus, il ne travaille plus.
83:23
Et elle travaille ? Votre petite fille, elle travaille ?
83:25
Oui, oui, elle travaille.
83:27
Ils vivent ensemble. Oui, oui, oui. Qui est-ce qui paye le loyer ?
83:33
Les deux, apparemment.
83:38
Et si votre fille fait venir à la maison quelqu'un de l'association, à un moment donné, où elle est là ? Parce que ce qui est important, c'est qu'elle entende des témoignages qui vont lui raconter ce qu'elle est en train de vivre.
83:58
Oui, mais là où elle travaille, on lui dit ça.
84:02
Oui, mais là, ce n'est pas pareil. C'est une association de femmes qui défend les femmes battues et les femmes victimes des prédateurs comme celui-là, visiblement, puisqu'il a déjà levé la main sur elle. Donc, peut-être faire venir quelqu'un à la maison lorsqu'elle y est, comme ça, elle sera plus tranquille puisque comme il la géolocalise partout, là, elle n'aura pas peur.
84:29
et qu'elle puisse échanger avec cette femme.
84:35
Ce que je ne comprends pas, c'est qu'une petite qui était vraiment indépendante, qui sortait tout le temps, tout le temps, du jour au lendemain, avec une rencontre d'un garçon comme ça, être aussi soumise. Aussi soumise.
84:54
Oui, mais vous savez, l'emprise, ça a des ressorts plus compliqués que cela. En plus, vous me disiez qu'elle avait souffert du divorce de ses parents.
85:03
Oui, oui, oui. Elle est un peu, comment dire, comment ça s'appelle ?
85:08
Elle a une dépendance affective.
85:12
Il suffit que lui nourrisse cette dépendance affective. Est-ce que parfois il est gentil avec elle quand même ?
85:19
Je pense que bien sûr. Après le 1er janvier, ils sont partis deux jours au ski. Et apparemment, elle est revenue chez un moment, elle était toute contente parce qu'il s'était bien occupé d'elle. Mais ça n'empêche pas que deux jours à peu, c'est bien fait. Là, c'est pas arrivé, mais c'est bien pas longtemps après, il va la maltraiter.
85:41
Alors ça, c'est typique du pervers narcissique. C'est je te fais vivre une lune de miel et derrière, je t'humilie. Mais de toute façon, s'il l'a déjà frappé, il n'y a même plus de sujet, Bernadette. Il faut qu'elle le quitte.
85:54
Eh oui, mais bien sûr. Mais comment il faudrait faire ? C'est pour ça que je vous appelle.
85:59
Comment il faudrait faire ? Je crois qu'il faut déjà maintenir le contact. Ça, c'est une évidence. Absolument. Ensuite, c'est ne pas la juger. Et ensuite, c'est lui faire rencontrer cette dame ou plusieurs personnes, plutôt des gens de son âge ou pas loin, qui ont vécu ce qu'elle est en train de vivre.
86:20
Et idéalement, mais ça peut être long, il faudrait qu'elle reprenne les séances de psychothérapie.
86:28
Oui, mais elle l'avait bien, mais c'est que lui, il en empêche.
86:32
Il en empêche, bien sûr, parce qu'il sait très bien ce qu'il attend.
86:35
Oui, bien sûr. On ne peut pas le faire reprendre. Il faut qu'elle le quitte avant qu'elle reprenne un contact avec un piste.
86:47
Après, la psy, elle fait des séances en visio parce que si elle va chez sa mère... Oui, mais c'est que plus ça va, moins il lui laisse du temps aller chez sa mère. Oui, il va la couper de l'extérieur, évidemment. C'est ce qu'il cherche. Est-ce qu'elle est très, très proche de ses parents ?
87:04
Oui, très, très proche de sa maman, surtout.
87:06
Oui, donc ça peut être peut-être le levier qui va la réveiller.
87:11
C'est ce que ma fille, elle me dit.
87:15
je pense qu'elle se réveillera, c'est si elle ne me voit plus.
87:20
Donc il ne faut pas que ça vienne de votre fille, par contre. Il faut que ça vienne de lui. Oui, oui. Quand il va commencer à mettre la pression pour qu'elle ne soit plus proche de sa mère, là peut-être que ça va être un levier suffisamment fort sur le plan affectif pour qu'elle dise je ne peux pas rester comme ça. Donc la deuxième phase, ça va être comment je vais partir de là.
87:44
Parce que s'il est aussi jaloux et possessif que vous semblez me le dire ce soir sur l'antenne d'Europe 1, Bernadette, il va falloir vraiment que l'association fasse le nécessaire parce qu'on ne sait pas comment ces individus peuvent réagir.
88:00
Oui. Mais c'est bien ce qu'elle fait, oui. Je comprends bien. C'est pour ça que ma fille, elle voulait rencontrer une association de femmes battues.
88:08
Elle ne l'a pas trouvée encore ?
88:11
Elle a parlé, mais elle aurait voulu trouver un groupe avec qui parler.
88:17
Vous êtes dans quelle région, Bernadette ?
88:19
L'Ardèche.
88:21
Et elle, plutôt la Drôme, quoi. On est à la limite 20 ans.
88:27
Alors, je ne sais pas, j'ai reçu à plusieurs reprises dans la libre antenne, parce que c'est des sujets qu'on aborde souvent, l'association A-V-I-V. Je ne sais pas s'ils sont également, l'association de défense des femmes battues, je ne sais pas s'ils sont ailleurs sur le territoire. Je sais qu'ils sont en région parisienne, mais je ne sais pas s'ils sont ailleurs sur le territoire.
88:53
Elle aurait bien rencontré une parole, un groupe de femmes battues pour parler entre elles.
89:00
Oui. Et elle a cherché quand même ou pas dans votre région ? Elle n'a pas trouvé. Elle n'a pas trouvé.
89:08
Non, elle n'a pas trouvé sur Internet.
89:11
Oui, bien sûr, bien sûr. Ou sur les forums, peut-être qu'elle peut contacter la gendarmerie.
89:19
Peut-être, parce qu'ils reçoivent souvent des plaintes. Et peut-être qu'ils peuvent réaiguiller. Et il y a souvent des psys, d'ailleurs, au sein de la gendarmerie ou au sein de la police aussi, qui voient souvent les victimes. Donc là, c'est souvent trop tard quand on va déposer plainte. Mais trop tard, il n'est jamais trop tard, de toute façon. Et d'ailleurs, moi, j'incite les femmes à oser aller déposer plainte. Peut-être qu'elles peuvent aiguiller vers des associations ou vers des forums ou des groupes de paroles.
89:50
Qu'est-ce qu'il faudrait taper sur Internet pour arriver à trouver un forum ?
89:56
Association de défense des femmes battues. En Ardèche, dans la Drôme, vous rentrez le nom de la ville et ça va vous donner peut-être ce qu'il y a autour. Moi, je peux vous donner ce contact en région parisienne et peut-être qu'elles connaissent des personnes dans la Drôme ou en Ardèche ?
90:15
Oui, d'accord.
90:16
Aussi, si vous voulez, Bernadette. Mais de toute façon, il faut vous faire accompagner. Ça, c'est une certitude. C'est une certitude. Et je pense qu'elle bougera, votre petite-fille, si elle est très fusionnelle avec sa maman. Elle va bouger quand il va aller trop loin et qu'il va lui demander de couper le lien.
90:33
C'est ce qu'on espère parce que ma fille, elle me dit non, mais si je n'ai plus de contact avec ma fille, moi, je deviens folle, quoi.
90:43
d'autant plus dans la sachette endrogeée.
90:47
Oui, oui. C'est pour ça qu'il faut vous faire accompagner, peut-être même contacter une avocate qui est spécialiste de ce sujet. Il y en a. Ah bon ? Oui, il y en a, bien sûr. Je vais vous donner tout ça hors antenne.
91:04
Bernadette, je vous enverrai le contact hors antenne et vous l'appellerez de ma part et vous verrez avec elle ce qu'il faut faire tant qu'il en est encore tant puisque là ça fait que presque deux ans visiblement elle est en train de se rendre compte elle devient lucide sur la situation oui Est-ce que, je ne sais pas, son papa, par exemple, a tenté de contacter le garçon ?
91:37
Ah oui. Ah mais lui, il ne veut voir personne. Lui, il ne veut pas voir la famille. Ah non, non.
91:41
Évidemment qu'il ne veut pas. Mais est-ce que, malgré tout, le papa de votre petite fille a tenté de faire une démarche dans ce sens ?
91:50
Je ne vois pas même comment, puisqu'apparemment, il n'a aucun contact. La petite, elle est partie en vacances avec son papa, ça a été... mais sans lui ah oui donc quand même elle arrive quand même à trouver des plages où elle est seule parce que mais oui mais ce qu'il y a là elle était partie 8 jours en vacances mais il a même il fallait que même quand elle était en vacances avec son papa elle était en Espagne et il fallait toujours qu'il la géolocalise et qu'il lui dise qu'il lui dise qu'il lui dise oh mais là t'es mal habillée là t'es trop nul même au travail elle arrive à avoir son portable sur elle en route et des fois quand elle revient il lui dit t'as bien fait un peu la pâte avec le monsieur aujourd'hui mais attendez parce que comment il voit ce qu'elle fait ?
92:44
non il doit l'entendre c'est à dire qu'elle a le téléphone allumé toute la journée ? tout le temps tout le temps ah oui c'est compliqué là oui c'est pour ça que je vous dis que c'est compliqué Alors, Bernadette, qui est une aide précieuse pour la libre-antenne, au 7 39 21, 75 centimes plus coût du SMS, dit qu'il y a une association qui s'appelle A... Alors, prenez peut-être un crayon, un papier, Bernadette.
93:12
Oui.
93:13
Voilà. Donc, l'association suggérée par notre Bernadette à nous, c'est A-V-M-P-N.
93:27
A comme Anatole, V comme Valérie, M comme Maman, P comme Pauline et N comme Noémie.
93:35
D'accord.
93:40
Oui, j'ai noté ça.
93:42
Déjà, vous pouvez tenter peut-être de les contacter et ils vont vous dire quelle est la marche à suivre.
93:48
Oui, mais ça, c'est l'initial. Je n'ai pas de numéro de téléphone ou de localisation.
93:55
Vous allez trouver sur Internet, bien sûr. D'accord. Il ne faut vraiment pas hésiter à vous faire aider. Bernadette, c'est important quand même.
94:04
Oui, c'est sûr que tout le monde...
94:07
Et le seul endroit où elle arrive le plus à rester, c'est chez sa grand-mère, parce qu'elle a une grand-mère qui habite à côté. Et jusqu'à maintenant, je ne sais plus maintenant, tous les vendredis, elle allait quand même manger chez sa grand-mère. Et là, elle a un peu son travail entre midi et deux. Et c'est là où elle est restée le plus longtemps.
94:28
Et maintenant, elle le fait toujours ?
94:31
Je ne sais pas. Elle le faisait encore il n'y a pas longtemps. Et là, depuis, elle était en congé la semaine d'après Noël. Et là, je ne sais pas. Mais apparemment, peut-être qu'elle le fait toujours.
94:42
Oui, donc voilà. Elle reste quand même... Il la flique, en fait, tout simplement. En permanence. Mais par contre, elle continue d'aller quand même dans la famille, chez ses grands-parents.
94:55
Oui, mais de moins en moins. C'est ce qui fait peur. Oui, oui.
94:58
Oui, bien sûr. De toute façon, elle n'ose pas s'opposer, visiblement. Elle n'ose pas s'opposer. Donc, je pense qu'elle a peur de lui. Et puis, elle croit. Enfin, elle l'est. On va respecter son ressenti. Elle est amoureuse de lui. Donc, si elle est amoureuse de lui, elle ne veut pas le quitter, en dépit de tout ce qu'il peut faire. Et au nom de l'amour, parfois, c'est une illusion, mais au nom de l'amour, on accepte l'inacceptable.
95:26
C'est bien tout le problème de ces femmes battues qui même finissent par préférer rester dans une situation douloureuse pour elles plutôt que de prendre le risque d'être loin de leur bourreau. Parce que c'est toujours plus rassurant de rester dans ce qu'on connaît même quand c'est souffrant.
95:48
Donc il y a tout un travail d'apprentissage à faire. Évidemment, on le fait mieux quand on est accompagné, soit par une avocate, soit par un psy. Là, elle a la chance d'avoir sa famille qui est très très proche d'elle. Donc moi, évidemment, je vous renouvelle le conseil que vous a dit déjà l'association, c'est-à-dire on ne coupe jamais le lien. Peut-être un médecin traitant aussi pourrait intervenir, parce que ça, elle peut aller voir son médecin pour x ou y raison.
96:14
Donc le mettre dans la confidence ?
96:18
Le médecin, il pourrait quoi, lui ?
96:20
Il pourrait la conseiller.
96:22
et l'aider à prendre conscience de ce qui se passe, et que tout cela n'est absolument pas normal, et que si elle accepte ça aujourd'hui, qu'est-ce qu'elle va accepter demain ? Et que demain, elle a 25 ans, il peut la piéger aussi, je ne sais pas, en lui faisant comme il a fait au ski, il lui fait vivre une lune de miel, et il lui demande de faire un enfant, elle, elle confond amour et dépendance, et alors c'est une autre histoire.
96:53
Donc tout ça, le médecin traitant, il peut lui en parler aussi. Plus il y aura de tierces personnes qui vont intervenir, qui seront plutôt des sachants, plus elle sera informée. Peut-être qu'à un moment donné, ça parviendra à la rendre plus lucide.
97:12
Oui, il y a ça, mais il y a aussi que ma fille, elle a peur que si elle se mêle trop de ça, qu'elle ne vienne plus voir sa mère.
97:21
C'est pour ça que je parle de tierce personne. De tierce personne.
97:26
Oui, mais justement, après, il faudrait que ce soit ma fille qui mette le médecin et que la petite allait au médecin, mais sans le conseil de sa mère.
97:37
Voilà, exactement. Il faut mettre le médecin dans la confidence, surtout si c'est le médecin de famille.
97:42
Oui, parfait.
97:45
Parce qu'effectivement... Oui, mais là, je crois que ça ne sera pas un médecin de famille, parce que je crois bien qu'elle vient de prendre ça en tête, celle qui l'a suivie.
97:54
Mais bon... De toute façon, il faut tirer... De toute façon, ce n'est pas une petite qui était malade, donc ce n'est pas une petite qui a un médecin vraiment suivi.
98:00
Ah oui, attitré, attitré, oui.
98:01
Non, non, non.
98:02
Il était attitré, mais pas... Et elle ne voit plus ses amis non plus, bien sûr.
98:06
Ah non, non, non, parce que c'est-à-dire que les copines, elles finissent par la surprise, quoi.
98:12
Oui, c'est ça, l'entreprise de démolition a commencé.
98:15
Voilà, beaucoup même. Au début, elle n'allait pas se réfugier chez sa maman. Quand ça n'allait pas, elle allait chez les copines. Mais les copines, maintenant, ne la veulent plus. Depuis tant qu'on te dit de partir, il n'y en a pas. Et sa soeur, pareil, elle a fait venir le gendarme, tout ça, deux fois. Et du coup, sa soeur, maintenant, elle l'a bloquée.
98:33
Et oui, c'est surtout ce qu'il ne faut pas faire.
98:36
Et oui.
98:39
Surtout ce qu'il ne faut pas faire. Ni pour les copines, ni pour la sœur. Même si on les comprend, mais surtout, surtout, il ne faut pas la laisser seule. Et elle n'arrive pas non plus à s'en sortir. C'est ça qu'il ne faut pas perdre. Donc, la punir de son incapacité à partir, c'est surtout ce qu'il ne faut pas faire. On a Bernadette au 73921 qui nous dit que AVMPN a un site Facebook et que vous pouvez les contacter par Facebook.
99:09
D'accord. D'accord.
99:12
Et moi, je vais vous envoyer le contact de l'association à Paris. Vous allez les appeler de ma part. Et peut-être qu'ils vont vous renvoyer sur... D'abord, ils vous diront quelle marche à suivre. Et ensuite, peut-être qu'ils vous donneront des contacts dans votre région. Peut-être aussi, Bernadette.
99:29
D'accord.
99:31
Merci. En tout cas, il ne faut pas, il faut vraiment rester au plus proche d'elle, sans la brusquer, surtout pas la brusquer, parce qu'après, lui, c'est ce qu'il veut. Voilà. Ça risque de la braquer, et si vous la braquez, elle ne saura plus où se réfugier, et après, c'est l'escalade.
99:55
Voilà, voilà. C'est pour ça que je vous dis, même le médecin traitant, on ose de moins en moins, parce que sa maman, ça fait quand même deux fois qu'elle la récupère et deux fois qu'elle y retourne. Après, elle se dit, je ne voudrais pas qu'elle ne vienne plus du tout.
100:13
Non, mais votre fille, elle a exactement la bonne attitude.
100:18
oui mais ça c'est sûr voilà elle a vraiment la bonne attitude elle est là pour sa fille à n'importe quelle heure du jour et de la nuit elle la sermonne pas donc c'est très très bien il faut qu'elle reste comme ça il faut qu'elle reste comme ça et qu'elle lui répète voilà tu viens quand tu veux n'importe quand et on ne te jugera jamais oui oui mais ça elle le sait ça c'est sûr qu'elle le sait mais c'est bien elle a toujours peur qu'il influence toujours de plus en plus ce qu'elle a
100:47
qui la coupe de tout le monde.
100:49
Je comprends sa peur, je comprends. Il faut s'entourer de professionnels, Bernadette.
100:53
Et puis elle me dit, je ne voudrais pas qu'il y arrive quelque chose si c'est tout le monde qui a su la cause.
101:00
Oui, oui. Non, mais elle n'a pas de raison de se culpabiliser. Je vous donne le contact hors antenne demain. D'accord. Prenez bien soin de vous.
101:10
Vous me rappelez ?
101:12
Oui, j'ai votre numéro de téléphone, je vous envoie un SMS.
101:16
D'accord, on m'envoie un information. Oui, promis. D'accord. Au revoir, Bernadette. Merci beaucoup. Merci, au revoir.
101:25
Un bon soir.
102:05
Bonsoir Sylvain.
102:07
Bonsoir Valérie.
102:08
Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1. De quoi voulez-vous nous parler ce soir, Sylvain ?
102:14
Alors je me permets de vous contacter, de vous appeler ce soir afin de témoigner de... De votre histoire ?
102:28
Oui, oui, oui, oui, oui.
102:32
Vous avez quel âge, Sylvain ?
102:35
Une cinquantaine d'années.
102:36
Une cinquantaine d'années, vous habitez dans quelle région ? Si vous voulez partager la région de votre lieu de vie, vous n'êtes pas obligé.
102:43
Je vis à Paris.
102:44
À Paris, d'accord.
102:47
Donc un témoignage dur, je pense, mais plein d'espoir. J'ai passé le pire Noël de ma vie, cette année.
103:00
Euh...
103:03
Une crise d'angoisse qui m'a... Justement, on parlait avec la précédente autrice. Également, une crise d'angoisse qui m'a amené à sortir, à errer, à divaguer à 3 heures du matin. J'avais besoin d'être anesthésié par le froid pour oublier.
103:27
Vous étiez en famille ?
103:29
Non, justement, vous faites une très bonne transition parce que je n'ai pas vu mes parents depuis mon père depuis 20 ans et ma mère depuis 15 ans.
103:44
Ils ont été des parents violents. Maltraitants ? Maltraitants d'une manière différente. Mon père n'a pas arrêté de m'humilier.
103:59
aussi bien à la maison qu'à l'extérieur, en présence de voisins. Et ma mère a été complice. Sa limite à elle, qu'elle lui a donné, ça a été les coups. Elle lui a dit... Je ne sais pas comment ça s'est exprimé entre eux, mais en tout cas, la limite, ça a été de lui dire, si tu le bats, je te quitte. Et pour vous donner une idée du sadisme, enfin...
104:28
de l'inconséquence, voire du sadisme de mes parents. J'aimerais, si vous me permettez, vous donner des exemples qui sont liés aux animaux parce que je suis très proche de cette cause. Je suis végétalien, communément appelé vegan aujourd'hui. Et donc, quand j'étais petit, je partageais encore le repas avec eux. Et un jour, mon père m'a dit, tiens, goûte !
104:56
Donc, il me rudoyait déjà. Donc, je me posais des questions. Je me disais, oh, il y a languille sous roche. Et donc, j'ai mangé. Je ne mangeais déjà pas de poisson. Et donc, j'ai été obligé de manger ce qu'on me donnait. Je l'ai interrogé. Et à la fin du repas, elle m'a dit, tiens, il a sorti une pâte de lapin, il m'a dit, tiens, c'est ça que tu as mangé.
105:30
Vous aviez quel âge à ce moment-là ?
105:33
C'était avant 88. J'avais, je ne sais pas, moins de 10 ans. C'était avant 88, moins de 10 ans.
105:41
Vous saviez déjà avant 10 ans que vous ne vouliez pas manger de viande parce que vous aimiez trop les animaux ?
105:49
Je me posais déjà des questions. Le sang me posait déjà des problèmes. Je demandais toujours à ma mère à ce que la viande soit très, très cuite. Je ne supportais pas de voir la viande saignante, ça m'était insupportable. Et voir des poissons tués sous mon nez, ça m'était insupportable. Donc, j'ai refusé. Et l'exemple de ma mère, c'est...
106:19
lorsqu'elle est revenue de la clinique pour accoucher de ma soeur j'avais à l'époque un chien auquel j'étais très attaché c'était mon seul compagnon parce que à l'école j'ai vécu très tôt du harcèlement scolaire parce que j'étais un garçon très effilibré et je ne parlais pas et donc mon chien était mon seul témoin et du jour au lendemain ma mère m'a privé de mon chien, elle a profité de de mon absence de l'après-midi, du jour dont j'étais à l'école pour me priver de ce chien.
106:55
C'est-à-dire qu'elle l'a donné ?
106:57
Oui, oui. En fait, je n'ai eu aucune explication et elle a donné à un voisin, à une famille qui habitait à la maison parallèle de la nôtre. Et donc voilà, vous imaginez le traumatisme que j'ai pu vivre.
107:14
Ça, c'est sûr, oui.
107:17
Et donc, pour revenir au dernier Noël, j'ai pensé à eux parce que ce mois-ci, en début de mois, je leur ai écrit une lettre synonyme d'adieu. Je ne le savais pas quand j'ai envoyé une lettre à chacun. Je ne le savais pas, mais c'était une lettre pour symboliser un adieu. Je les ai pardonnées.
107:46
Parce que je sais très bien que pour avoir travaillé et travaillé encore avec des psys, psychiatres et psychologues, psychanalystes et autres, je sais que la violence qu'ils m'ont fait subir, c'est aussi des traumatismes qu'ils ont vécu, eux. Et malheureusement, et je dis ça en toute humilité, ils n'ont pas...
108:11
Il n'y a jamais eu aucune remise en question. Je pense que mon père ne m'a jamais compris. Je pense qu'il n'est même pas capable de se comprendre lui-même. Vous avez été désiré, Sylvain ? Oui, très désiré. Ma mère a fait plusieurs fausses couches. J'étais l'enfant roi.
108:39
Ma mère me le dit toujours, elle me dit « mais t'étais attendu comme le messie ». J'étais l'enfant doudou, j'étais l'enfant réparateur et ma mère m'a totalement immergé de ces névroses et aujourd'hui j'en garde encore l'héritage parce que je suis quelqu'un de très anxieux, reconnu comme tel chroniquement par l'État. Donc voilà...
109:09
Et votre sœur, elle a autant de séquelles que vous ?
109:12
Oui, oui, ma sœur est alcoolique. Et mon père faisait un travail très dur. Un de ceux qui permet de partir à la retraite très tôt. Et pour pouvoir supporter ce travail, il buvait. Et donc, ma sœur a été épargnée.
109:36
Ma sœur est épargnée parce qu'elle ressemble à mon père. Elle a le même caractère. C'est quelqu'un de profondément... Pas dur, mais profondément manipulatrice. Enfin, des choses... Méchante, en fait.
109:56
C'est ça, méchante.
109:58
Méchante, ça serait réducteur. Je dirais, voilà, qui... Des...
110:08
Quand j'étais jeune, je me demandais ce que je faisais dans cette famille. J'ai même quasiment entrepris les démarches pour changer le nom de famille. Je me demandais si j'avais été adopté. Plusieurs fois, on m'a dit « Non, tu ressembles à ta mère. » Mon père était un très bel homme. Il ressemblait...
110:33
Alors, il ne ressemblait pas à Alain Delon, mais j'ai vu des photos quand il était jeune. Je me rappelle encore la photo de leur mariage. Mon père était vraiment un très bel homme. Et il n'en a pas profité. Il s'est marié par défaut. Voilà, il avait un parcours tracé. On devait faire telle profession ?
111:01
de père en fils, donc très tôt, il a été confronté à la réalité et la dureté du travail. Donc lui-même a développé une anxiété qui s'est traduite par l'alcoolisme.
111:20
Et ensuite par la violence, par les humiliations.
111:25
Oui, donc il a profité...
111:27
Il a profité de... Voilà, j'ai été sous souffre-douleur, sans bouc-émissaire. Il fallait une excuse pour pouvoir extraire sa violence. Donc voilà, il s'est servi de moi. Et donc, à l'issue du courrier que j'ai adressé, ils m'ont appelé.
111:53
ma mère m'a laissé deux messages, donc deux messages au cours. Mon père, à la demande de ma mère, a laissé un message. Et ma mère m'a dit, puisque j'habite à un petit peu plus d'une heure, en voiture deux, un peu moins d'une heure, en tout cas une heure et demie en train, et ma mère m'a dit « Sylvain, je te demande pardon ».
112:20
« Je t'ai fait du mal, mais ton père m'en a tellement fait que je ne me souviens pas de tout. » Alors, j'excuse en partie ma mère parce qu'elle a été dans le coma pendant un mois, l'issue d'un accident. Je vais vous paraître cruel, mais lorsqu'elle était dans le coma, j'espérais qu'elle n'en ressorte pas.
112:45
je me rappelle de l'avoir tenu la main et je lui disais, mais faites qu'elle parte, faites qu'elle parte, au moins je ne verrais plus cette famille, je ne serais plus confronté à cette famille. Et par bonheur pour elle, elle a survécu. Et donc, elle a des circonstances aidantes parce que, effectivement, le coma a joué sur sa mémoire, mais il n'en reste pas moins qu'elle a reconnu les faits.
113:08
Et la dernière fois que j'ai eu le téléphone, elle commençait, au bout d'une demi-heure de conversation, à excuser mon père. Et là, j'ai compris qu'il n'y avait vraiment rien à faire, qu'elle était complètement... Prise dans le système familial, oui.
113:20
Qu'il n'avait pas bougé, ce système.
113:22
Oui, oui, oui. Et donc, ma mère m'a demandé pardon. Et elle m'a dit qu'elle ne viendrait pas à Paris, que le train, c'est beaucoup trop dur pour elle.
113:36
Et donc, j'ai compris qu'elle était d'abord égoïste. J'ai beau être l'enfant roi, l'enfant tante espérée, elle reste égoïste, elle pense avant tout à elle-même, à sa peur. Ils ont quel âge aujourd'hui, vos parents, Sylvain ? Un peu plus de 70 ans. Et mon père m'a dit, non, je ne viendrai pas à Paris, c'est hors de question. Donc, mes parents, Pour vous donner l'idée de leur liaison, c'est propre au film Le Chat.
114:14
Ah oui, avec Gabin et Signoret ?
114:17
Exactement, c'est-à-dire que ce sont des gens qui se sont aimés. J'en ai la preuve actuelle par un maître d'amour que j'ai lu de mon père lorsqu'il faisait le son service militaire, quand il était jeune garçon, enfin jeune garçon, jeune homme.
114:35
Mais je pense que mon père n'a pas voulu d'enfant, il me l'a dit lorsque ma mère était dans le coma, j'ai profité cette occasion pour obtenir quelques révélations, et donc il m'a dit qu'il ne voulait pas d'enfant, c'est ma mère qui a fait des caprices pour en avoir.
114:50
Et donc, j'ai compris que ça m'a confirmé que je n'étais pas pour lui désiré. En tout cas, je me souviens également d'une photo où ma mère me regarde droit dans les yeux et mon père regarde droit dans l'injectif. Déjà, je me posais des questions. Je me disais, mais ce n'est quand même pas normal qu'un enfant ne regarde pas.
115:15
à l'image de la mère, son fils droit dans les yeux.
115:18
Qu'un parent, vous avez dit un enfant, mais c'est qu'un enfant, qu'un parent ne regarde pas son enfant. Est-ce qu'il y avait des grands-parents qui vous protégeaient, des ongles, des tantes ? Est-ce que vous pouviez trouver refuge quelque part ?
115:33
Non, non, non, puisque du côté de ma mère, ma grand-mère a vécu l'enfer avec mon grand-père qui était un malade, un malade mental. Je ne suis pas psychiatre, mais Il y a suffisamment de preuves pour affirmer que c'était un malade mental. Je vais vous donner un exemple. Il enfermait son plus jeune enfant la nuit dans la cave. Il a abattu les bergers allemands, dont j'ai encore le souvenir, devant les yeux de ses enfants.
116:05
Il faisait supporter...
116:07
à sa femme, donc à ma grand-mère, des prostituées.
116:13
Effectivement, vos parents, enfin en tout cas, votre mère a des circonstances atténuantes tout de même de le fait qu'elle soit soumise à son mari, qu'elle ait du mal à s'opposer.
116:26
Et ma mère était victime d'un sexe elle-même, par son père, parce que son père lui a demandé au son livre mort, pardon. Donc voilà, je pense que... Et encore une fois, j'ai suffisamment de preuves pour...
116:38
Et dans la lettre, je lui ai dit à ma mère, je sais qu'on t'a fait du mal. Je ne lui parle pas d'inceste parce qu'elle ne connaît pas le mot. Mais voilà, je sais ce qui s'est passé. Et quand je suis revenu de ma promenade...
117:07
Voilà, j'étais un peu plus soulagé. Et puis... Vous étiez seul à Noël ?
117:15
Vous étiez seul, Sylvain, à Noël ?
117:16
Oui, oui, oui. Pour moi, Noël, ça n'a plus de sens depuis 2002, date à laquelle je faisais cette dernière fête.
117:26
Non, mais vous auriez pu être accompagné d'amis, ou de compagnes, ou de compagnons ?
117:32
Non, non, non, je vis seul. Je dis aujourd'hui que si j'avais été touché par la foi, je serais devenu prêtre, parce que j'ai compris très tôt que la société occidentale, telle qu'on me la présentait, me serait insupportable, cette société où il faut paraître plus qu'être, où l'apparence, le pouvoir, l'argent est plus important que l'esprit, donc la vie a été jusqu'à aujourd'hui très difficile, elle me l'est, donc j'ai...
118:02
recréer chez moi l'ambiance d'un monastère. Et je vis avec un animal de compagnie.
118:11
Oui.
118:12
Et voilà, j'espère que... J'espère que...
118:19
Je parlais d'espoir au début de conversation parce que je considère et je le vois tout le jour parce que je passe...
118:29
mes journées à marcher à l'image de Rimbaud, d'Eric Satie. Je fais entre 15 et 20 kilomètres par jour pour justement me sortir de toutes ces... de toutes ces... de toutes ces... toutes ces angoisses, de toute cette anxiété chronique. Donc, je marche et je vois qu'il y a des... je vois encore, malheureusement, qu'il y a des gens qui sont dehors. Je vois encore des gens qui m'en disent et je vois aussi, et heureusement, et c'est ce qui me fait tenir, des gens qui...
118:58
des associations qui viennent les aider. Oui, des maraudes. Oui, je me dis qu'il y a encore l'espoir. Et c'est ça qui me permet de tenir. Il y a Céline qui parlait d'enfants. Je pense qu'effectivement, tant qu'il y aura des mères qui donneront des naissances à des enfants, il y aura toujours l'espoir. Il y a toujours l'espoir. Quand on est jeune, quand on est en bonne santé... Quand on n'est pas emmuré dans sa tête ou dans ses quatre murs, il y a toujours de l'espoir.
119:30
Il y aura toujours quelqu'un. Vous êtes là, Valérie, pour en témoigner. Il y aura toujours quelqu'un. Il y aura toujours quelqu'un de bon sur cette terre pour s'en sortir. Il faut simplement y croire, rencontrer les bonnes personnes, ne pas hésiter. Parfois, il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas taper la porte sur chez les psys parce que ils ont peur, et Céline l'a dit, elle a peur de ne pas tout dire.
120:01
Mais il faut tout dire à son psy. Il faut tout dire.
120:09
S'il y a bien un endroit où on peut tout dire, c'est bien celui-là.
120:11
Oui, il faut y aller.
120:14
Dire et être aussi. C'est-à-dire laisser aller les pleurs, laisser aller les cris parfois. Oser être qui on est à cet instant précis en tous les cas. Et traverser par ses émotions. Oui, oui.
120:30
Oui, exactement, Valérie. C'est vraiment un espace de parole, un espace de détente. Il faut se sentir bien. Sécurisé. Exactement, en sécurité, comme je le suis chez moi. Je subis les bruits de mes voisins, parce que j'habite dans un immeuble. Mais chez moi, je sais que je ne serai pas violé, parce que j'ai été violé quand j'étais petit. Je ne serai pas agressé. Je sais que chez moi, c'est mon sanctuaire.
120:58
Et donc, le cabinet d'un psy, c'est un sanctuaire. Donc, il faut absolument se laisser aller aux pleurs. Et il ne faut pas, par contre, attendre trop du psy. Ce n'est pas un ami, ce n'est pas un copain, ce n'est pas son père, ce n'est pas sa mère. Et ce n'est pas un magicien. Exactement.
121:18
Il est là, comme vous le faites modestement, Valérie, à écouter. Et c'est à nous, par ce rôle catalyseur, à trouver les solutions en soi, et parfois il faut du temps, parfois il faut toute une vie, mais il faut encore une fois garder espoir, se dire que tant qu'on n'a pas 99 ans, quand on n'est pas totalement dépendant, il faut croire qu'un avenir est meilleur, et comme le dit ma chanteuse préférée, Mylène Farmer, il faut toujours se voir devant soi, Il faut se voir toujours avant d'attendre le noir, avant de voir le noir.
122:01
Il faut toujours voir, non pas le positif, mais être réaliste et se dire que la vie est longue. et qu'en dépit des souffrances qui nous habitent, et voilà, comme le disait Barbara, et comme le disait le nombre de nepsis, on ne guérit jamais de son enfance, on peut la consoler, mais il y aura toujours des plaies, c'est simplement du soulagement, il faut accepter ce soulagement, se dire qu'on ne pourra jamais être guéri, il faut vivre avec ça, et...
122:39
Et j'entends la petite musique derrière pour ça, c'est bientôt fini.
122:41
Exactement, on arrive à la fin de l'émission, mais en tous les cas, un grand merci de ce message d'espoir, Sylvain, parce que ce soir, l'émission a été un petit peu douloureuse, c'est vrai.
122:49
Oui, oui, oui, mais je pense aussi à vous, Valérie, parce que je sais, on pense jamais aussi, mais je sais qu'entendre parfois... C'est aussi dur.
122:59
Mais moi, je suis à votre service. C'est ce que je dis en émission et j'en suis très heureuse. C'est une grande chance de faire cette émission et d'être au contact des auditeurs de la Libre Antenne qui sont très solidaires, très bienveillants, dans la joie comme dans la difficulté. Et ça, c'est important parce qu'encore une fois, c'est le cœur qui est au centre de cette émission. Merci à vous Sylvain, merci à vous. Je vous souhaite un beau passage en 2026.
123:27
Je vous remercie à vous aussi. A bientôt.
123:32
Au revoir.
123:52
On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher. Être né quelque part, être né quelque part pour celui qui est né, c'est toujours un hasard.
124:31
Il y a des oiseaux de passe-cour et des oiseaux de passage. Ils savent où sont leurs nids, qu'ils rentrent de voyage, ou qu'ils restent chez eux. Ils savent où sont leurs eaux, être né quelque part. Être né quelque part, c'est partir quand on veut, revenir quand on part.
125:09
Est-ce que les gens naissent égaux ou endroits, à l'endroit où ils naissent ? Est-ce que les gens naissent égaux ou endroits, à l'endroit où ils naissent, que les gens naissent pareils ou pas ?
125:38
On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger Pour apprendre à marcher Je suis né quelque part Je suis né quelque part Laissez-moi ce repère où je perds la mémoire
126:25
... ... ... ...
126:53
A l'endroit où ils naissent et que les gens naissent pareils
127:22
Europe 1, la libre antenne. Valérie Darmon. Bonsoir Chantal.
127:28
Bonsoir Valérie.
127:31
Merci d'avoir composé le 0180 20 39 21. Que voulez-vous nous confier ce soir ?
127:37
Alors moi, je voulais vous simplement parler d'une chose qui me fait souffrir depuis deux ans. J'ai eu un choc émotionnel. Oui. Tout bête.
127:52
Je peux vous dire ce qui s'est passé ?
127:55
Ah ben bien sûr, bien sûr.
127:57
Alors voilà, tout simplement, j'étais en location, dans une petite maison, et il y a une personne qui aime lui dire que les personnes qui étaient avant moi, c'était des trogués, c'était des toxicomanes, donc voilà.
128:19
Nouveau locataire précédent.
128:23
Les locateurs précédents. Vous habitez dans quelle région ou dans quelle ville, si vous souhaitez le dire ou pas ?
128:29
De toute façon, je ne suis plus là où j'étais. Je suis partie de là. Mais c'était au doux.
128:43
D'accord. Et vous avez quel âge, Chantal ?
128:46
73 ans.
128:47
73 ans, d'accord. Donc, vous apprenez, vous louez cette petite maison et vous apprenez par des indiscrétions de voisinage qu'avant vous, il y avait des drogués, des toxicomanes, donc dans la maison.
129:03
Oui.
129:05
Oui. Ma vie a été complètement bouleversée. Je ne sais pas si quelque chose dans ma tête que je n'ai pas très bien compris, mais bon...
129:15
et donc en fait mon cerveau comme je dis c'est un peu ce que me dit mes thérapeutes et il m'a envoyé cette phrase toxicomane non droguée et qui se piquait en plus parait-il égale sida tout simplement d'accord Et moi, ça m'a fait peur, peur, peur.
129:45
Mais vraiment peur. Et je ne pouvais plus... Du jour au lendemain, je ne pouvais plus rester dans ta partie.
129:55
Il avait été un peu rénové entre les deux locataires ou pas ?
129:59
Oui, il avait été un peu rénové.
130:01
Donc, il avait été repeint, remis à neuf, un peu propre, etc. Oui. D'accord. Donc, le fait que vous ayez su, que vous ayez appris qu'avant vous, il y avait des personnes qui étaient malades du sida et qui étaient en plus des héroïnomades, visiblement...
130:17
Ça vous a fait un tel choc que vous vous êtes dit, je ne peux plus rester dans ces lieux, je ne peux plus rester dans ces murs.
130:21
Oui, tout à fait. J'ai eu des peurs, certainement irraisonnées. Irrationnelles, oui. Mais voilà, c'était comme ça. On n'arrivait plus vraiment à me raisonner. Quelqu'un de le dire, je n'arrivais plus à me raisonner. Je n'arrivais plus vraiment.
130:41
Mais qu'est-ce qui s'est passé en vous au moment où on vous l'a dit ? Vous vous en souvenez de ce qui s'est passé en vous au moment où on vous l'a dit ?
130:48
Oui, oui, tout à fait. On me l'a tellement demandé. Oui, oui, oui, tout à fait.
130:54
Moi, ça m'a monté tout de suite. Ça m'a stressé tout de suite. Ça m'a monté dans la tête. Ça a été vraiment un choc. Ça a été... Voilà. Je pense que les... Voilà. Je me rappelle...
131:11
Donc, je ne sais pas. C'est difficile à expliquer comment ça se passe.
131:14
Mais Chantal, dans le passé, vous avez vu, par exemple, ou eu des contacts, même dans la rue tout simplement, avec des personnes comme ça ?
131:25
Non.
131:27
Ça n'a pas fait ressurgir une image traumatique que vous aviez vécue avant ?
131:30
Non, pas du tout.
131:34
Donc ce qui vous a fait peur, ou ce qui vous a rendu mal à l'aise, c'est que vous avez commencé à imaginer tout un tas de situations avec ces personnes dans votre appartement ?
131:45
Attendez, je n'ai pas compris.
131:46
Ce qui vous a fait peur quand on vous a raconté les personnes qui vous ont précédé dans vos murs, dans cet appartement-là ?
131:52
Ce qui m'a fait peur, c'est que pour moi, c'était idiot d'ailleurs, parce que bon, quand ils étaient drogués, qu'ils se piquaient, ils n'avaient pas forcément le sida. D'accord ? Oui. Donc, moi, j'ai vu, comme si c'était une bête qui grimpe après tous les murs, j'ai vu le sida de part.
132:12
Est-ce que c'est une peur que vous aviez déjà en vous, ça ?
132:17
Oui, je me suis toujours... Ce n'est pas que c'était une peur, mais on avait été bien informés dans les années 80. Oui. Et donc...
132:26
Voilà, mais... Donc vous avez fait un raccourci dans votre esprit qui est héroïnomane égale sida, donc je ne peux pas rester dans ces murs-là.
132:36
Oui, tout à fait.
132:38
Oui, alors que ça se trouve, il n'était pas malade, comme vous l'avez dit là.
132:41
Oui, oui, tout à fait, mais ça, je n'ai aucun... Je ne peux pas savoir ce qui se passait vraiment, quoi. Je ne peux pas chercher à savoir, de toute façon, ça ne me regarde pas, c'est leur vie, hein.
132:53
Donc à partir de là, vous restez combien de temps dans cet appartement, avec cette peur qui commence à vous habiter ?
132:58
Je ne sais plus du tout. J'ai changé quelques mois encore, parce que c'était dur de trouver autre chose. Au moins six mois, au moins minimum.
133:15
Et là, il se passe quoi ? Vous ne dormez plus ? Vous mangez moins ? Vous êtes complètement paniquée, terrifiée ?
133:22
Il y a des choses, je ne pouvais plus approcher. C'est-à-dire que je n'avais plus touché un mur, je ne vivais plus en fait. J'ai éliminé les toilettes, j'ai éliminé la salle de bain parce que pour moi, ils avaient tout touché et j'avais lisé, c'est ça le pire. Quand je rentre dans un appartement, j'avais lisé tout.
133:48
Et voilà, donc je ne pouvais plus les toucher.
133:52
Donc vous devenez obsessionnelle ?
133:53
Oui, tout à fait une obsession.
133:59
Donc là, vous allez consulter, vous avez dit mes thérapeutes tout à l'heure.
134:02
Ah oui, j'ai vu psychologues, psychiatres, thérapeutes.
134:13
Et Chantal, en temps normal, est-ce que vous êtes une personne obsessionnelle ?
134:18
Non.
134:19
Non, vous ne vous êtes jamais focalisé sur quelque chose comme ça, à ce point-là, dans votre vie, avant ce moment-là ?
134:26
Non, non, non, jamais, jamais, non, non.
134:31
Et vous n'avez pas peur de la maladie habituellement ?
134:34
Non, non, non, pas du tout.
134:37
Donc, vous déménagez, parce que vous avez dit que ça fait deux ans, donc là, vous avez déménagé depuis ?
134:43
Oui, j'ai déménagé.
134:44
Et comment ça se passe ? Le déménagement n'a pas mis fin à vos obsessions ?
134:48
Non, le ménagement n'a pas mis fin à mes obsessions parce que je me disais que si le logement là-bas était contaminé, mes meubles étaient contaminés.
135:03
Alors vous avez changé de meuble ?
135:05
Non, je n'avais pas les moyens de changer de meuble. J'ai chargé les meubles, mais ils ont été jamais lisés et jamais lisés, même le canapé.
135:16
Et vous continuez d'avoir peur ?
135:18
continue d'avoir un peur.
135:21
Mais vous savez que le sida ne se transmet pas comme ça, vous le savez ça, rationnellement ?
135:25
Oui, tout à fait.
135:29
Et vos thérapeutes vous l'ont expliqué, réexpliqué, montré sur l'ordinateur, mis des images pour vous montrer à quel point c'est complètement irrationnel votre peur ? Tout à fait. Elle s'atténue quand même votre peur ou pas du tout ?
135:48
Oui, elle s'atténue sur certains points et puis sur d'autres points, elle reste.
135:53
Alors, par exemple, sur quoi elle s'atténue et sur quoi elle se maintient ?
136:01
Je ne sais pas trop. Il y a des choses comme là. Maintenant, ce qui est meuble, ça va. Il y a des choses qui restent.
136:14
Mais comme quoi, par exemple ?
136:16
Peur, peur... des gens ont peur d'aller dans des réunions, on doit s'asseoir, parce que j'aime de qui m'asseoir dans les lieux publics.
136:29
Ah oui, non mais vous avez développé des troubles obsessionnels en fait, des TOC.
136:34
Voilà, des TOC.
136:36
Oui, voilà, c'est ça, ça a dévié. Donc on est sur les TOC d'hygiène.
136:44
Oui.
136:45
Donc, c'est très dur. Je restais quand même quelques temps où des personnes venaient avec moi faire les courses. Parce que je ne pouvais plus rentrer dans un magasin. Alors, si j'avais quelqu'un, ça allait. Si je n'avais personne, j'arrivais sur la porte du magasin, je faisais demi-tour. Parce que j'angoissais, en fait. Voilà. Et donc, comment dire, je mets des gants. Quand je sors, faire des courses, je mets des gants.
137:21
Pour moi, tout est contaminé alors que c'est comme ça.
137:25
Vous avez travaillé en hypnose ou pas ?
137:28
Oui, mais l'hypnose n'a rien de l'égide.
137:33
En hypnose, vous ne savez pas quelle forme d'hypnose ? Hypnose humaniste ou hypnose ericksonienne ?
137:38
Vous ne savez pas, oui, c'est ça. Vous étiez plutôt dans un état de trans, un peu à moitié endormi, Chantal, un petit peu. Un état de modifié de conscience, ça vous dit quelque chose ?
137:53
Oui, oui, mais je crois, oui, mais bon. Je ne sais pas si vraiment on a pu bien...
138:01
parce qu'en fait, il y a des gens qui n'y arrivent pas.
138:05
Non, non, tout le monde peut y arriver. C'est juste une question de temps pour entrer en état d'hypnose. Bon, vous, vous êtes une grande contrôlante. Le TOC, c'est vraiment le contrôle absolu. Enfin, c'est l'illusion du contrôle, en tout cas. Donc, c'est peut-être que vous luttez pour entrer en état d'hypnose. Mais tout le monde doit entrer en état d'hypnose à un moment donné ou à un autre.
138:23
On ne peut pas résister. C'est une question de temps à entendre les suggestions. Vous voyez ?
138:32
Pour les gens très très contrôlants, c'est un peu plus long. Pour d'autres, c'est évidemment extrêmement rapide. Et on a tous quelque chose en nous, et je le dis pour rassurer aussi les auditeurs, un petit truc qui s'appelle l'ego-observeur, qui est un mécanisme que les scientifiques n'expliquent pas, où on ne peut pas même quelqu'un comme Mesmer, qui est quand même un très grand...
138:53
hypnotiseur de spectacle, on ne peut pas induire chez une personne une intention qui ne va pas avec ses valeurs, parce que cet égo-observeur se met en route, et donc on ne va pas accepter la suggestion de l'hypnothérapeute ou de l'hypnotiseur de spectacle. Donc on ne peut pas nous embarquer à faire des choses qu'on n'a pas envie de faire en état d'hypnose, même si l'hypnothérapeute est fort. D'accord ? Donc vous, vous me dites que l'hypnose n'a pas fonctionné du tout.
139:22
pas disant que ça ne m'a rien donné.
139:26
Oui. Parce qu'en fait, le déclencheur de vos TOC, ça a été... Avant, vous n'étiez pas du tout, vous n'aviez pas d'autres TOC, des TOC de vérification, par exemple.
139:35
Oh, j'en ai eu un peu, mais très, très peu. C'est-à-dire que c'est normal, hein ? On avait fermé la bouteille de gaz ou des trucs comme ça quand on s'en va, etc. Oui, mais vous allez vérifier combien de fois la bouteille de gaz avant ? Non, non, non, pas 36 fois. Non, non, je faisais ça, je regardais, oui, elle est fermée. Pour le final, je partais.
139:54
D'accord, donc ce n'est pas un top, ça.
139:55
On met la porte d'entrée ou des trucs comme ça. On pourrait vérifier. Oui, j'ai bien fermé. Oui, je sais qu'il y a l'art qui reprend beaucoup, beaucoup.
140:03
Donc vous, vous n'avez jamais été comme ça avant ?
140:06
Non, non, non, non, non. Disons que j'ai toujours vérifié, c'est normal, on part, et bon, surtout que j'ai toujours eu des animaux, donc voilà, on vérifie que tout est bien et que les animaux ne refusent rien.
140:20
Vous vérifiez une fois, mais vous ne vérifiez pas plusieurs fois.
140:24
Non, non, non.
140:25
Donc en fait, le déclenchement, ça a été cet appartement où vous avez été prise de panique et depuis, vous continuez d'avoir peur d'attraper des microbes.
140:35
Tout à fait.
140:36
Qu'est-ce que vous faites comme type de thérapie, Chantal, pour venir à bout de ces TOC ?
140:41
J'ai fait la EFT.
140:43
L'EFT, oui, tout à fait.
140:45
Et puis un autre, par contre, je ne me rappelle jamais. Toutes ces lettres, je me mélange un peu.
140:55
EMDR, non ?
140:57
Oui, c'est ça. Le MDR, c'est les mouvements oculaires dont je parle très souvent dans l'émission pour désengrammer. Oui, ça peut marcher, mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus efficace pour les TOC. Vous avez fait de la PNL, programmation neurolinguistique, où là aussi c'est de la reprogrammation du cerveau.
141:17
J'ai entendu parler de ça, mais je ne sais pas si j'en ai fait, parce que J'ai tellement allé voir de personnes différentes parce qu'à chaque fois, je ne savais pas que je suis un peu perdue dans tout ce que j'ai fait. Et puis par contre, à la fin, j'ai fait avec les chevaux.
141:37
Ah, de l'équithérapie.
141:39
Oui. Alors ? Je pense que c'est ça qui m'a fait le plus de bien.
141:44
Ah oui, les chevaux, c'est un tel vecteur de guérison. Alors, racontez-nous une séance d'équithérapie, parce que c'est très intéressant. Moi, je suis très, très favorable. Ce sera peut-être une de mes prochaines formations, d'ailleurs, pour tout vous dire, à cet outil. C'est un outil thérapeutique. Alors, comment vous avez travaillé vos talks, Chantal, avec les chevaux ?
142:03
C'est un peu compliqué à expliquer. Je sais que j'ai appris beaucoup, beaucoup, craft. Vous n'êtes pas menacée dans la nature ?
142:32
Parce que Votox, c'est quand vous rentrez dans un grand magasin, c'est quand vous prenez les transports en commun. Est-ce que dans la nature, vous vous sentez menacé par les microbes, alors qu'il y a d'autres menaces dans la nature ? Pas du tout. Pas du tout, voilà. Donc, c'est dès qu'il y a la trace de vos frères et sœurs, là autour de vous, là les humains, où c'est plus compliqué.
142:52
Donc, vous reprenez un peu confiance dans votre environnement lorsque vous êtes dans la nature ?
142:57
Ah oui, tout à fait.
143:00
Et ensuite, Chantal, comment ça se passe avec les chevaux ?
143:04
Ça dépend. Il y a différentes méthodes. Je ne sais pas si c'est pas trop étiqueté.
143:16
En fait, on vous met en situation... Moi, je ne sais pas. Je n'en ai pas fait d'équithérapie. On m'a raconté des séances en équithérapie. C'est le positionnement des chevaux. C'est le cheval qui vient vous pousser, par exemple.
143:32
Oui, oui. Un peu fort, oui.
143:35
Oui, oui, oui. Ça, c'est super. Au début, ça surprend. Moi, je sais que Quand je me suis poussée par le sol, pourquoi il pousse ? Mais bon, en fait, il y avait des choses. Par exemple, on nous bandait les yeux. On avait les yeux bandés. Et puis, on marchait avec les chevaux. Et les chevaux, en fait...
144:06
Ils évitent les trous, les cailloux et tout. Alors, quand il y avait un trou, ils nous poussaient en l'air de dire, il ne faut pas que tu passes là, il faut que tu passes un peu plus loin, etc. Eux, ils nous dirigeaient totalement. Donc, on pouvait traverser la forêt. Avec eux, on ne risquait absolument rien, les yeux bandés.
144:26
Et ça, c'est une bonne découverte.
144:30
Ça permet le lâcher prise.
144:32
Ah oui, oui, oui. Et puis, on fait confiance.
144:35
que je ne fais plus du tout confiance à l'être humain. Mais il reste toujours un petit truc qui m'empêche d'être bien quand même dans ma tête, malgré que j'ai fait ça.
144:52
Oui, mais vous l'avez fait plusieurs fois, parce que ce n'est pas une seule fois. Oui, oui, je l'ai fait plusieurs fois.
144:55
Oui, oui, tout à fait.
145:01
Et vous avez envie d'abandonner cette obsession ?
145:04
Ah oui, c'est parfait. J'ai eu très mal, très très mal.
145:09
C'est très handicapant. Puisque vous ne pouvez pas sortir comme vous voulez vivre normalement.
145:21
Non, parce que là, comment dire, je me méfie de tout, de tous ceux qui apportent le pouvoir, que tout le monde empoigne, etc., Le couloir qui peut mettre leur main dessus, etc. Vous voyez ?
145:40
Oui. Toutes ces peurs de... Moi, j'aurais envie de vous suggérer un protocole qui est le protocole de la règle des cinq. C'est-à-dire qu'il faut que vous en parliez avec un de vos thérapeutes qui connaît forcément. C'est l'école de Palo Alto, en Californie. C'est au lieu de, par exemple...
146:03
Mettre une paire de gants quand vous sortez pour aller faire vos courses, vous allez en mettre 5 des paires de gants régulièrement à chaque fois que vous touchez quelque chose. Allez, 5 paires de gants et ainsi de suite. Et vous allez voir qu'à un moment donné, votre inconscient va en avoir absolument ras-le-bol de faire x5 à chaque fois.
146:26
Quand vous mettez du gel, par exemple, sur le siège du bus, parce que vous avez peur d'attraper des microbes, vous allez mettre 5 pchites au lieu d'en mettre un seul. Et vous n'allez pas nettoyer une fois le siège, mais vous allez le faire 5 fois. Et chaque geste comme ça, d'hygiène excessive, vous allez le multiplier par 5. Vous allez voir qu'assez rapidement, vous allez cesser d'avoir ces tics d'hygiène, ces tocs d'hygiène.
146:59
Mais parlez-en avec un de vos thérapeutes, parce que vous continuez d'être suivie, Chantal.
147:05
Là, j'ai un peu arrêté.
147:09
Râle-bol de tout, râle-bol de... Pour moi, il y a des échecs partout. Donc, comme il y a des échecs, là, je me suis arrêtée.
147:20
On a une auditrice qui nous dit au 73921, elle pose la question, elle demande si vous n'auriez pas intérêt à vous occuper des autres dans la détresse. Alors, c'est très dur, pour sortir de votre problème. Alors, elle les cite, mais là, ça va aller vous chercher très très très loin.
147:38
Bon, après, c'est ce qu'on fait quand on travaille la phobie, par exemple. On travaille la phobie en hypnose. À la fin, on va évidemment confronter le patient ou la patiente à l'objet de sa phobie. C'est comme ça qu'on vérifie si la phobie a disparu. Donc là, elle suggère que vous vous occupiez de malades, de migrants, d'SDF, au resto du cœur. Parce qu'elle dit, elle sent que votre isolement est impressionnant, dit-elle.
148:03
Ah ben oui, parce que de toute façon, là, je suis complètement seule. Puis, à force, les gens, ils m'en ont marre de moi. Donc, ils me rejettent plus ou moins. Mais je les comprends. Je les comprends. Ce n'est pas agréable d'avoir une personne comme moi à sortir, quoi. Mais je fais quand même des efforts sur certains points, quand même. Mais, comment dire...
148:30
Quand je suis avec les chevaux, déjà, je n'ai pas de plan. Vous voyez ? Je fais confiance aux bêtes. Mais par exemple, si un être humain me sent la main ou autre, non, je ne donne pas la main. C'est impossible.
148:48
Pour l'instant. Est-ce que vous avez un animal de compagnie ?
148:53
Ah oui, oui, tout à fait. J'ai des chats.
148:55
Vous en avez combien ?
148:57
On est trois.
148:59
Ils ont quel âge ?
149:02
La plus petite, elle a deux ans et demi, puis les autres, ils ont dix ans.
149:06
Oui. Mais là, ça ne pose pas de problème. Vous n'avez pas peur d'attraper des maladies, là.
149:11
À un moment donné, si, j'étais un petit peu affolée. Je me disais, mes chats sont dans cette maison, elle est contaminée. Ils vont attraper ceux-là sur leur poêle, leur patte, leur chien. Donc, ce que j'ai fait, j'ai appris les bêtises. Simplement, là-dessus, ils ne m'étaient absolument rien.
149:30
Et là, vous les avez entendus, les vétérinaires. Alors, vous n'entendez pas vos thérapeutes.
149:36
Voilà. C'est... Oui.
149:39
Peut-être que le sujet n'est pas ces troubles obsessionnels compulsifs qui ne sont que des symptômes. Le sujet, c'est peut-être la peur de l'autre.
149:49
De toute façon, moi, maintenant... Si vous voulez, je ne suis plus la vie actuelle. Avec toute cette folie qui est un... Donc...
150:03
Je désirais tout simplement être seule dans une maison avec un hectare de terrain s'il faut, mais voilà. Éviter les personnes. C'est vrai que, bon, la solitude d'un côté, c'est bon, c'est pas très bon de l'autre, bon.
150:22
Mais c'est peut-être ça qu'il faut travailler avec vos thérapeutes, la peur de l'autre surtout, Chantal. Qu'est-ce qui a déclenché cette peur chez vous ? Que représente l'autre, en fait ? Quelle est la menace que représente l'autre ? Qu'est-ce que vous projetez sur l'autre ? Vous avez des éléments de réponse ?
150:44
Ben oui, j'ai peur donc du sida, j'ai peur qu'il l'ait, qu'il vienne trop près de moi, etc. On ne peut pas le savoir.
150:55
C'est pour ça que je mets de la distance. On a Isabelle au 73921 qui suggère de lire Plus grand que l'amour de Dominique Lapierre sur l'histoire de la découverte du sida. La connaissance du sujet vous éloignerez de ses tocs. La connaissance est bien plus profitable que certaines douteuses thérapies, dit Isabelle. Et Laurence suggère que vous fassiez peut-être de la méditation ou une retraite.
151:25
Pour vous apaiser, bien sûr, pour la méditation. La retraite également, peut-être.
151:31
Oui, ça c'est un truc, mais bon, je dirais que je n'en ai pas les moyens.
151:40
la méditation vous pouvez trouver des applis gratuites qui sont très bien je pense notamment à François Lemay qui est un très bon coach canadien québécois qui a des podcasts qui propose des méditations qui sont très très bien faites avec un travail thérapeutique qui accompagne d'ailleurs ces méditations qui est vraiment très très bien sur internet, sur Youtube Donc les méditations, vous pouvez les faire à la maison.
152:11
Tout à fait, j'ai déjà essayé de le faire, mais c'est un truc, je suis tellement quelqu'un qui bouge tout le temps que je n'arrive pas à me concentrer. Vous voyez ce que je veux dire ?
152:21
Parce que la méditation, c'est le lâcher prise, et le lâcher prise, c'est la perte de contrôle, et vous, vous êtes une grande contrôlante, et ça se manifeste avec les TOC.
152:33
Vous êtes à la retraite, Chantal ? Oui. Vu votre âge, vous me posez la question. Parce qu'on a Sophie qui demande comment vous faites pour vivre, mais en fait, vous avez votre retraite.
152:45
Oui, mais elle est minuscule et j'ai ça aussi qui se met par-dessus parce que je n'arrive plus à vivre correctement avec la retraite minimum que j'ai.
152:59
Ça, c'est un autre sujet aussi.
153:01
Oui, oui.
153:01
Sujet d'angoisse, sujet d'angoisse également.
153:03
Oui, bien sûr, bien sûr que ça m'angoisse.
153:06
Bien sûr que ça me... Et est-ce que vous pensez que si vous alliez vivre à la campagne, ce serait plus facile pour vous ? Puisque vous trouvez vraiment dans la campagne une source de réconfort.
153:22
Alors écoutez, j'ai fait la campagne, j'ai fait la ville... j'ai étudié, c'est peut-être mieux la ville.
153:29
Oui, mais ça peut être une campagne près d'une ville avec un hôpital aussi. Voilà, exactement. Et on ne fait pas n'importe quoi non plus.
153:36
Oui, oui, oui, tout à fait. Mais il faut pouvoir, c'est vrai que c'est très dur à trouver, mais c'est vrai que moi, je préfère la campagne.
153:45
En tout cas, vous avez l'air d'être beaucoup plus apaisée en campagne.
153:49
Ah oui, non, mais de toute façon, moi, je vais embrasser les arbres, je vais les embrasser avec mes bras, vous voyez ? C'est un besoin. Et c'est un besoin aussi de voir les animaux, les animaux des fermes, les voir dans les champs, les animaux des bois, etc. Tout ça, en ville, on ne l'a pas. Moi, ça m'a beaucoup manqué de faire quand j'étais en ville.
154:14
Vous êtes issue de la campagne, à la base ? Vous avez grandi à la campagne ?
154:18
Oui, j'ai grandi à la campagne.
154:23
Donc vos lieux sûrs, c'est quand vous êtes dans la nature.
154:27
Oui. Et puis la nature ne fait pas de mal.
154:32
Moi, je vous inviterais bien à aller visiter avec vos thérapeutes la source de votre problème qui est la peur de l'autre. Peut-être qu'il y a eu quelque chose, une agression à un moment donné où vous vous êtes senti agressé, vous vous êtes senti menacé. Peut-être que vous l'avez oublié, vous avez fait une amnésie partielle peut-être, ou une amnésie tout court. C'est peut-être ce qu'il faut aller visiter parce que votre peur des autres transpire dans vos propos.
155:00
Oui.
155:04
Et d'ailleurs, Jo, qui habite dans le Loiret, rebondit sur ce que je viens de dire. C'est mignon. D'ailleurs, Pascal dit merci beaucoup, Jo. Elle ne se sent plus seule quand elle nous écoute. Tellement merci. Et elle vous suggère donc, effectivement, de partir à la campagne ou à la montagne. Oui.
155:22
La montagne, c'est un peu français.
155:29
Visitez quand même avec vos thérapeutes, Chantal, cette partie de votre histoire qui remonte peut-être au moment d'ailleurs où vous avez eu ce déclencheur sur cette peur absolue du sida, des choses comme ça. Isabelle pose la question aussi si la période Covid ne vous a pas provoqué aussi ces angoisses ou les a augmentées ?
155:55
Non, c'est vraiment ce point de départ avec cette histoire qu'on vous raconte et ce fantasme que vous avez, parce que c'est du fantasme, que vous avez de cet héroïnomane avec cette maladie. Peut-être qu'il y a eu un traumatisme quand vous étiez dans les années 80, justement, avec le sida. C'était difficile les premières années, les années sida au départ.
156:23
Oui, mais moi, je pense que j'étais jeune à l'époque et puis plutôt insouciante.
156:30
Ben, justement.
156:31
On a nos valeurs, on sait ce qu'on doit faire à une pancière, point final. Donc, moi, je suis quelqu'un qui me suis toujours comporté droit. Voilà, donc...
156:43
J'ai jamais eu de soucis là-dessus.
156:46
Oui, mais c'est peut-être inconscient. En tout cas, explorez cette piste quand même avec vos thérapeutes, mais je pense qu'ils ont dû y penser normalement, Chantal. Prenez le temps pour y retourner. En tout cas, continuez de favoriser l'équithérapie, parce que c'est un formidable outil, quand il est bien utilisé, comme tous les outils d'ailleurs. Merci beaucoup, Chantal, d'avoir composé ce soir le 01-80-20-39-21, et puis caresse à vos chats.
157:12
Oui, je vous remercie, mais comment je fais pour avoir le livre, tout ça ?
157:17
Alors, le livre, je vais vous le dire. On va mettre les coordonnées du livre de Dominique Lapierre sur la page Facebook de l'émission. Vous avez Facebook ?
157:26
Oui, m'attendez. Je ne l'ai pas internet.
157:30
Alors, je vous le redonne. Ce livre s'appelle « Plus grand que l'amour » de Dominique Lapierre.
157:37
Ok.
157:39
Et Véronique qui rajoute, avant que je raccroche avec vous, son vrai réconfort ce sont les chats, pas d'erreur affective avec les animaux, jamais déçu, jamais malheureux, la nature est excellente pour se ressourcer.
157:55
Alors je ne vous embrasse pas Chantal, parce que vous auriez peur d'attraper quelque chose, mais le cœur est là.
158:02
D'accord ?
158:02
D'accord, je vous remercie beaucoup.
158:04
Prenez bien soin de vous.
158:06
Oui.
158:07
Au revoir Chantal, au revoir.
158:08
Au revoir, merci.
158:23
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